L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, continue de résider en Afrique australe, principalement à Harare, au Zimbabwe. Maintenu par un cercle de proches et d’anciens collaborateurs, l’ex-chef de l’État utilise cette base, historique et bien établie, pour conserver son influence dans les dynamiques régionales, jouant sur un échiquier diplomatique complexe marqué par d’anciennes alliances et des tensions grandissantes.

Un ancrage historique au Zimbabwe et un réseau de fidèles

Le choix du Zimbabwe comme lieu de résidence n’est pas fortuit. Cet ancrage remonte à la période de son père, Laurent-Désiré Kabila, et se traduit aujourd’hui par le maintien de militaires zimbabwéens dans la garde rapprochée de l’ancien président. Autour de lui, Joseph Kabila est entouré de fidèles, à l’image de Kikaya Bin Karubi, ancien ambassadeur à Harare.

Ce réseau est renforcé par la présence d’autres figures de son ancienne administration, notamment John Numbi, l’ancien inspecteur général de la police congolaise, qui a également bâti son propre réseau depuis ce pays. La famille Kabila dispose par ailleurs d’une résidence en Namibie, un pays qui a récemment rouvert ses portes à l’ancien président après une période de froid.

Des alliances régionales maintenues malgré les tensions croissantes

Malgré son statut d’ancien président, Joseph Kabila continue de voyager et d’entretenir des relations diplomatiques sélectives. Ses rapports avec le président kenyan, William Ruto, sont jugés bons, et il a rencontré ce dernier au moins à trois reprises depuis son accession au pouvoir. Ses liens avec Kigali sont également jugés positifs.

Cependant, les tensions s’accumulent avec les pays qui s’affichent en alliés du régime actuel de Félix Tshisekedi :

  • Tanzanie et Zambie : Les relations se sont nettement dégradées suite à des actions d’extradition. La Tanzanie a renvoyé en RDC Eric Nkuba, un proche de Corneille Nangaa (coordonnateur de l’AFC/M23), et la Zambie a fait de même avec Pasteur Ngoy Mulunda, un proche de Kabila.
  • Burundi : Ce pays s’affiche également hostile au camp Kabila.

L’ancien président Joseph Kabila, malgré son éloignement du pouvoir, reste ainsi un acteur doté d’un réseau régional structuré dont les mouvements et les alliances continuent d’influencer et de compliquer les dynamiques politiques en Afrique centrale et australe.