En moins de quatre semaines, la Présidence Macron a transformé la haute politique en un feuilleton à rebondissements, dont le Premier ministre Sébastien Lecornu est l’acteur principal, malgré lui. Son parcours express – une nomination en septembre, un gouvernement de 14 heures le 5 octobre, une démission le 6 octobre, et une reconduction le 10 octobre – est devenu le symbole de l’instabilité chronique du pouvoir exécutif.

Le scénario du “come-back” et le chaos institutionnel

Le terme “téléréalité à Matignon” illustre parfaitement la rapidité et le caractère spectaculaire de cette séquence politique. À la manière d’une émission où les candidats sont constamment jugés et menacés d’élimination, le gouvernement Lecornu I a été immédiatement exposé aux protestations et à la menace de censure, entraînant sa chute éclair.

Le retour de Sébastien Lecornu après cinq jours de consultations infructueuses — un dénouement que peu d’observateurs prévoyaient — a été perçu par les oppositions comme une “manœuvre” et une preuve que la crise n’est pas résolue, mais simplement mise en pause.

Cette répétition forcée des étapes politiques (nomination, protestation, démission, reconduction) renforce le sentiment que la démocratie est prisonnière d’un chaos institutionnel. Le rôle du Président est désormais de choisir, non pas le meilleur Premier ministre pour gouverner, mais celui qui survivra le plus longtemps à la prochaine vague de protestations et à la menace permanente d’une dissolution de l’Assemblée nationale.

Le Premier ministre renommé, qui doit désormais former le gouvernement Lecornu II, est ainsi au centre d’un spectacle politique où l’urgence médiatique prime sur la stabilité gouvernementale.

Fifamey RAS