Financée par les Pays-Bas et portée par le Programme alimentaire mondial (PAM) avec ses partenaires, une session de formation nationale s’est achevée le lundi 3 août 2026 à Cotonou. Trente artisans béninois y ont reçu leurs attestations de fin de stage, marquant le lancement officiel d’une production locale de sacs de rétention thermique au service de l’environnement et des ménages.

Une étape décisive vient d’être franchie pour l’autonomie énergétique et la promotion des technologies écologiques au Bénin. Après deux semaines d’apprentissage intensif réparties entre Parakou, Bohicon et Cotonou, la cérémonie de remise des attestations s’est déroulée dans les locaux de l’ESDAM, à Agontikon. L’événement s’est tenu en présence des représentants du PAM, du PNUD, de la Chambre des Métiers de l’Artisanat du Bénin (CMA-Bénin) ainsi que de l’organisation Pro Climate International.

Une technologie écologique et économique promue par le PAM

Le sac de rétention thermique (SRT) repose sur un principe d’isolation efficace : une fois la marmite portée à ébullition, elle est retirée du feu puis glissée dans le sac où la cuisson se poursuit naturellement. Cette solution réduit considérablement la consommation de bois de chauffe et de charbon, diminue l’exposition des cuisiniers aux fumées toxiques et maintient les repas au chaud pendant plusieurs heures. Une avancée majeure tant pour les ménages que pour la pérennisation des cantines scolaires vertes. Pour le PAM, le déploiement de cette solution s’inscrit directement dans sa vision de promouvoir des cantines scolaires vertes et plus durables.

À la clôture des travaux, la satisfaction était générale. La formatrice principale, Clarisse Djomnang, de Pro Climate Inter, s’est réjouie des résultats : « De manière générale, tout s’est bien passé. Je suis contente parce que chaque apprenant, dans toutes les régions, a pu confectionner correctement un grand et un petit sac ». Elle a toutefois rappelé l’exigence de la pratique : « Il faut vous exercer continuellement. Le grand travail vous revient. »

Un partenariat solide pour un savoir-faire local

Au nom du représentant résident du PAM, Armelle Korogone, cheffe de programme, a également salué « un travail qui a été très bien fait », avant de définir la vision à long terme de l’institution : « Vous êtes désormais appelés à devenir des ambassadeurs de cette innovation. À travers votre professionnellement, votre créativité et votre capacité à partager les connaissances acquises, vous contribuerez à l’émergence d’une véritable filière locale SRT au Bénin. » Elle a ajouté que l’objectif est de « créer au Bénin un vivier de compétences locales capable d’assurer la diffusion et la pérennisation de cette innovation », soulignant que « Le Programme alimentaire mondial reste convaincu que les solutions les plus durables sont celles qui reposent sur les compétences locales et l’appropriation par les acteurs nationaux ».

Du côté des bénéficiaires, l’enthousiasme est total. Le porte-parole des récipiendaires, André Agbangla, a témoigné de l’impact de cet apprentissage : « Ce que nous sommes venus découvrir sort de l’entendement ; cela a été carrément un autre univers ouvert devant nous ». Avec Félicité Dourodjayé, ils ont exprimé leur volonté de transmettre ce savoir à leurs pairs, tout en plaidant pour une bonne disponibilité des matières premières.

Vers une commercialisation à grande échelle

Pour la représentante du PNUD, Elisabeth Tossou, l’heure est désormais à l’action sur le terrain afin que, dans les prochains mois, ces équipements soient accessibles sur l’ensemble des marchés béninois. Le représentant de la CMA-Bénin, Mama Chabi Adam, a quant à lui mis en avant les opportunités d’entrepreneuriat et le gain de temps précieux offert aux usagers.

Grâce au soutien continu du PAM pour l’approvisionnement en matériaux, ces 30 artisans deviennent les pionniers d’une filière locale prometteuse, conciliant préservation de l’environnement, santé publique et développement économique.