Au-delà des simples manifestations culturelles ou des clichés réducteurs, la pensée de Sylvain Kuassi, président de l’ONG « La Phé », inscrit la tradition africaine dans une dimension ésotérique universelle. À travers un dialogue profond entre la spiritualité béninoise, les enseignements védiques et l’histoire antique, il offre une vision renouvelée du patrimoine immatériel.

L’analyse du chercheur et président de l’ONG « La Phé » révèle des convergences remarquables entre les grandes civilisations de l’esprit. En examinant les fondements du Vodoun à la lumière de la philosophie oraculaire et des textes anciens, Sylvain Kuassi établit une distinction essentielle entre l’essence du sacré et ses expressions matérielles.

« La culture peut être soutenable, peut être durable si on avait une quête. Et la quête ce n’est pas de la culture, la quête est dans la culture oraculaire, dans l’oraculaire. Donc, le Fâ est l’oraculaire », explique l’intervenant pour souligner la portée métaphysique du patrimoine béninois. Selon cette perspective, le Fâ ne se limite pas à un outil prédictif événementiel, mais constitue un cheminement prophétique et initiatique reliant l’être humain aux lois universelles.

Cette quête de sagesse rejoint les grands courants ésotériques du monde. De l’Inde antique avec la Bhagavad-Gîtâ et le Seigneur Rama jusqu’aux récits de l’Égypte sacrée, la quête de l’âme et celle de la vérité fondamentale partagent une même racine. « Le Vaudou permet à l’initié de faire le voyage de l’âme, qui est le véhicule de lumière », rappelle Sylvain Kuassi, comparant cette dynamique aux grands principes d’alliances spirituelles et d’harmonisation des forces de la nature.

Le président de l’ONG « La Phé » apporte également une clarification primordiale sur la nature des objets cultuels. Une frontière nette est tracée entre la divinité, immatérielle et éternelle, et les réceptacles façonnés par l’homme au fil de l’histoire pour préserver le sacré. « Le fétiche, l’homme crée le fétiche, à l’image du Vaudou. Mais le Vaudou, c’est… on ne peut pas le voir, on ne peut pas le concevoir », précise-t-il, mettant en lumière la démarche de préservation adoptée par les ancêtres face aux vicissitudes du temps.

En saluant les efforts de recherche et de transmission autour des savoirs endogènes, cette réflexion de Sylvain Kuassi invite à dépasser les apparences pour embrasser la richesse immatérielle des traditions. En rattachant le Fâ et le Vodoun à la grande histoire de la spiritualité humaine, cette approche contribue à valoriser une culture vivante, porteuse d’éveil, de paix et de rayonnement.