S’exprimant à la tribune des Nations Unies, la Première Dame du Bénin, Nathalie Villette-Wadagni, a placé la solidarité humaine au cœur des réponses mondiales face aux crises. À travers l’allégorie traditionnelle de la « jarre trouée », elle a rappelé que la force d’une nation se mesure à sa capacité collective à ne laisser personne affronter seul l’adversité.

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Mesdames et Messieurs,

C’est un honneur de me joindre à vous aujourd’hui au nom de la République du Bénin.
Un pays dont l’histoire, les cultures et surtout les femmes et les hommes portent une connaissance intime de l’endurance, du courage et de la résilience.
Mais, en préparant cette rencontre, je me suis posé une question simple : qu’est-ce que la résilience signifie réellement pour nous ?
J’ai choisi de ne pas chercher la réponse dans les livres.
J’ai choisi d’écouter.
Pendant plusieurs jours avant d’arriver ici, j’ai rencontré des jeunes, des acteurs de la société civile, des femmes et des hommes engagés au quotidien pour créer de l’impact dans leurs communautés.
Je leur ai posé la même question : que signifie, pour vous, être résilient ?
Leurs réponses étaient différentes dans les mots, mais profondément semblables dans le fond.
Et une idée revenait sans cesse :
Pour le Bénin, la résilience porte un autre nom : la cohésion.
Ils m’ont dit que la résilience, c’est tomber et se relever.
C’est tenir debout lorsque tout semble vous pousser à terre.
Mais surtout, c’est ne jamais être seul.
Car la véritable force ne vient pas toujours de ce que nous pouvons supporter individuellement. Elle vient aussi de ce que nous sommes capables de porter ensemble.
C’est prendre soin les uns des autres.
C’est tendre la main.
C’est refuser de laisser quelqu’un derrière.
Et c’est précisément ce que raconte une image profondément enracinée dans notre culture : la jarre trouée.
Imaginez une jarre percée de toutes parts.
Seule, elle ne peut pas retenir l’eau.
Mais lorsque plusieurs mains se tendent pour boucher ses trous, l’impossible devient possible.
Ce qui est fragile seul devient fort ensemble.
La jarre, c’est notre avenir commun.
Ses trous sont nos vulnérabilités, nos crises, nos chocs.
Les mains sont notre solidarité.
Et l’eau, c’est ce que nous avons de plus précieux : la vie, la dignité et l’espérance.
Cette métaphore nous enseigne quelque chose d’essentiel :
la cohésion n’est pas simplement l’absence de conflit.
La cohésion est une force d’action.
C’est elle qui permet à une communauté de soutenir une mère en difficulté, une agricultrice confrontée aux bouleversements climatiques, un jeune entrepreneur qui cherche sa voie, ou une famille frappée par la précarité.
C’est elle qui nous rappelle que derrière chaque vulnérabilité individuelle se trouve une responsabilité collective.
Face à la pauvreté, aux changements climatiques, à l’insécurité ou aux incertitudes de notre temps, nous ne pouvons pas demander à chacun de résister seul.
La résilience ne peut pas être une épreuve individuelle. Elle doit devenir une responsabilité collective.
Voilà, peut-être, la contribution que le Bénin souhaite apporter à cette conversation mondiale sur la résilience :
notre véritable puissance se trouve dans ce que nous sommes capables de tenir ensemble.
Alors, la question que nous devons nous poser n’est pas seulement :
Comment rendre les individus plus résilients ?
Elle est aussi :
Comment construire des sociétés dans lesquelles personne n’est obligé de faire face seul à l’adversité ?
Des sociétés où chaque main compte.
Où chaque vie compte.
Où chaque vulnérabilité appelle une solidarité.
Et où, ensemble, nous ne nous contentons pas de survivre aux crises.
Ensemble, nous construisons un avenir plus juste, plus solidaire, plus pacifique et porteur d’espérance.
Parce qu’au fond, la résilience n’est pas seulement la capacité de tenir.
C’est la capacité de tenir ensemble.
Je vous remercie.