Hugues Edgard ADOUKONOU a tapé dans l’œil de la Côte d’Ivoire Boxing. Ça ? Oui, on peut le dire. Arthur BOUA, ancien président de Fédération Ivoirienne de Boxe (FIB), figure centrale et incontestée de la boxe ivoirienne, compte parmi les premiers à découvrir la vision précoce de la nouvelle pépite du noble art béninois.

Gants chaussés, Edgard ADOUKONOU arpente les arcanes de la boxe béninoise, avec assurance, depuis sa plus tendre enfance. Plus qu’un apprentissage, la pratique du noble art revêt une importance capitale, pour le juriste de formation, qui ne cesse de gravir les échelons. Leg paternel, parfois, aux allures du fardeau de toute une nation, son parcours illustre la discipline, l’abnégation et la probité caractérisant sa rigueur professionnelle. En témoigne, la Décision N°050/CIB/PRES/2026 du 09 juillet 2026, notifiant sa nomination, en qualité de conseiller technique, en charge de la boxe professionnelle, auprès de la Côte d’Ivoire Boxing.

Il faudrait surtout remonter le temps. Du moins, jusqu’au 22 février 2015, le jeune prodige fait ses premiers pas (en amateur). La boxe juvénile avait pris les pouvoirs sur les aires de jeux du Terrain Vodjè. Une pléthore de jeunes athlètes, provenant de divers horizons, s’étaient alors affrontés, dans un gala de boxe. Un cadre légal où l’insouciance puérile, mêlée à la liberté d’exprimer ses sensations et de mesurer ses performances, ont permis de repousser plus loin les limites des rêves de plusieurs athlètes. Une nouvelle lueur d’espoir venait de paraître.

De Faiseur de Talents à Promoteur de Boxe en Afrique

L’évènement suscite déjà de grandes ambitions. 23 août 2015, bis repetita. Le futur promoteur de boxe récidive, six mois après avec des jeunes athlètes aspirant, à une carrière professionnelle. Edgard ADOUKONOU attise déjà les regards. L’initiative met en lumière quelques promesses futures, telles que Jean COFFI, alias ‘’Allumez le feu’’, Raoul ADJAHO, frère cadet du champion mondial Super Welters, Ange ADJAHO (2001-2014 ; 26 combats professionnels dont 15 par K.O, 07 défaites). Progressivement, une nouvelle génération se positionne dans les starting-blocks, au niveau local et dans la sous-région.
Ses succès retentissants attirent des mécènes tels que Claude BALOGOUN. Dans la foulée, il révèle Ghislain VODOUNHESSI, lors d’un gala de boxe, en juillet 2016. Puis, en novembre 2019, Clément LOKO alias ‘’La Panthère’’ explose sur le plan continental. Il est sacré champion d’Afrique de boxe, dans sa catégorie, au Palais des Sports de Cotonou. Ceci, grâce au soutien de l’ex-Ministre des sports, Oswald HOMEKY. Edgard ADOUKONNOU révèle la boxe béninoise sur le plan africain. Il parvient à titrer Clément LOKO alias ‘’la Panthère’’, à l’échelle continentale, qui réussit à conserver sa ceinture de champion d’Afrique, après plusieurs joutes.

Côte d’Ivoire, nouvel eldorado !

Aux portes du succès, les goulots d’étranglement apparaissent assez vite. Quelques périodes de vaches maigres s’en suivent. Pas pour longtemps, puisque les échos des ballons d’essai résonnaient déjà outre-frontière.

Plusieurs appels de pied se font depuis la Côte d’Ivoire. Il ne résiste pas à l’appel de l’Institut International de Boxe, en tant que Représentant Zone Afrique Francophone de la World Boxing Federation. Il participe au Congrès annuel de la WBC, au Zimbabwe, sous les bannières du Bénin et du pays de Nana Boigny, au dernier mandat du président Arthur BOUA.

La Côte d’Ivoire étant un pays de culture de l’excellence, il est nommé Conseiller Technique, chargé du développement de la Boxe Ivoirienne, le 24 Mai 2026, par Antony Louis RABET, président entrant à la Côte d’Ivoire Boxing (Nouvelle appellation de la FIB). Finalement acté, ce 21 août 2026, par ce décret, Edgard ADOUKONOU aura à charge d’établir une feuille de route 2026-2030, avec une orientation claire.

Plaque tournante de la boxe en Afrique francophone, la Côte d’Ivoire offre de nouvelles opportunités aux jeunes boxeurs qui trépignent d’impatience, de se révéler sous un nouveau jour. L’objectif réside dans une politique stratégique de développement leur permettant de bénéficier de l’accompagnement des instances de décision comme le Ministère des Sports. Cela suscitera un engouement auprès d’autres promoteurs encore hésitants, jusque lors.

Profession Vs Passion

Grandir avec des gants de boxe n’augure pas forcément une prédisposition à une carrière professionnelle de pugiliste. Il a forgé ses armes dans le sérail des gloires du noble art béninois, tels qu’Aristide SAGBO, alias ‘’Soweto’’, champion d’Afrique, 09 fois consécutives (53 combats / 52 Victoires / 01 défaite), ou Georges BOCO, Nazaire KPADONOU et bien d’autres encore. En réalité, le parcours des salles d’entraînement aux compétitions ne garantit pas forcément ni une place aux championnats du monde, ni sur un podium olympique.

Depuis l’extinction de l’ère des illustres gloires de cette discipline, la boxe béninoise a plongé dans un état de décrépitude. Il opte alors pour l’expérience à l’étranger. Il se fait discrètement un nom, hors du Bénin, son expertise sollicitée sur le plan africain. Hors du ring, il a dorénavant choisi sa vocation dans les métiers du noble art. Edgard ADOUKONNOU a trouvé son chemin et veut exceller dans le ‘’Match Making’’. Une anglicisation d’un profil novateur en vogue, alliant les rôles de promoteur et de manager.

Cette option sur la chaîne des acteurs de la boxe anglaise professionnelle, offre une plus large marge de manœuvre aux organisateurs des spectacles de combat. Il jouit d’une bonne côte auprès de la Guinée, le Sénégal, le Gabon, le Ghana, le Togo ou encore le Nigéria, désormais partenaires du jeune promoteur.
Membre de la Commission Centrale de la Boxe Professionnelle au Bénin, le nouveau Match Maker y officie en tant que Rapporteur. Bien que battant de l’aile, la mentalité et les pesanteurs sociologiques font toujours obstacle à l’épanouissement de cette discipline. Elle peine à retrouver ses lettres de noblesse, reléguant les acquis des années 90 aux calendes grecques.

<< L’écosystème du pugilat ne favorise pas son essor. Les sponsors ont complètement disparu>>, regrette-t-il. Son désarroi se poursuit. << Malgré la promulgation de la Loi TDS, axée sur le développement du sport au Bénin, au second chapitre de la Rupture, la boxe ne bénéficie pas de l’accompagnement de l’Etat, à l’instar d’autres disciplines >>.

Une chose est sûre, entre de bonnes mains, l’héritage de Barthélémy ADOUKONNOU alias  »ADK », a bel et bien été transmis. Il n’est pas près de disparaître, tant que l’élève fera toujours mieux que son maître. Edgard ADOUKONNOU a son mot à dire lorsqu’on évoque la Boxe, dans l’Afrique francophone, plus particulièrement, au Bénin.

@Drocity