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Alors qu’Emmanuel Macron a chargé Sébastien Lecornu de trouver une sortie à la crise politique d’ici au 8 octobre, la gauche peine à parler d’une seule voix. Départ du président, gouvernement de cohabitation ou union électorale ? Chaque camp avance son propre scénario.

La gauche française n’échappe pas à la confusion ambiante qui règne depuis la démission expresse de Sébastien Lecornu, lundi 6 octobre, moins de 24 heures après l’annonce de son gouvernement. Missionné pour conduire des consultations express avec les forces politiques, l’ex-Premier ministre a jusqu’au mercredi 8 octobre pour tenter de bâtir une majorité d’accord. Mais sur les bancs de l’opposition de gauche, l’heure n’est pas à l’unité stratégique.

Seul point de convergence : *la certitude que le président est en bout de course. Pour le reste, chacun développe sa propre réponse à la crise. **Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise (LFI)* plaident pour une rupture radicale : le départ pur et simple d’Emmanuel Macron.

« La solution pour sortir de l’impasse dans laquelle est le pays, ce n’est pas la nomination d’un autre gouvernement, ni la dissolution de l’Assemblée nationale, c’est le départ du président de la République », a déclaré Manuel Bompard, coordinateur de LFI, au micro de RFI.

Le PS défend la cohabitation

Le *Parti socialiste, de son côté, rejette cette option jugée irréaliste. Olivier Faure, son premier secrétaire, défend l’idée d’une **cohabitation entre Emmanuel Macron et un gouvernement de gauche*, seul moyen selon lui de rétablir une forme de stabilité et de répondre aux attentes sociales.
« Tout ça n’a plus aucun sens. Il faut retrouver une capacité à emmener le pays, à le fédérer, sur un objectif qui est simple, celui de la justice sociale écologique », a-t-il déclaré sur TF1.

Le calcul du PS est clair : convaincre le président qu’un *gouvernement de coalition à gauche*, même sans majorité absolue, est préférable à une dissolution aux effets incertains.

L’ombre d’une dissolution et l’échec de l’union*

Car la *menace d’une dissolution de l’Assemblée nationale* — de plus en plus évoquée dans les coulisses de l’Élysée — plane sur tous les états-majors politiques. Et pour la gauche, ce scénario s’annonce risqué. Après des mois d’affrontements internes, *l’union n’est toujours pas reconstituée*, et le calendrier imposé par l’exécutif laisse peu de temps pour réagir.

*Marine Tondelier*, cheffe de file des écologistes, tente une relance de l’unité :

« On sait que la situation a pu être difficile entre nos partenaires. Mais notre devoir est de surmonter cela, et nous leur proposons de nous réunir dans un lieu neutre. Chacun prendra ses responsabilités, en répondant présent, ou pas, à ce rendez-vous. »

Mais *l’appel reste sans réponse du côté du PS, désormais plus enclin à **jouer la carte solitaire* du dialogue avec le président qu’à renouer avec Jean-Luc Mélenchon.

Une gauche fragmentée face à une crise historique**

L’impasse actuelle révèle une *gauche sans cap commun, malgré un président affaibli et un pays en attente de solutions. Sans stratégie partagée, ni perspective de coalition solide, l’opposition de gauche apparaît **désunie et peu audible* dans un moment clé de l’histoire institutionnelle française.

Si dissolution il y a, la question de l’union — ou de l’éclatement — sera tranchée dans l’urgence, sur fond de recomposition politique. Et peut-être de règlement de comptes.