Réuni à Porto-Novo, l’Honorable Akim Radji (LD, 19e circonscription) a pris la parole pour aborder la crise ouverte par la contestation du parrainage du duo présidentiel par son collègue Michel Sodjinou. Alors que la décision judiciaire annulant la fiche de Sodjinou fragilise la candidature du parti, Radji a lancé un appel solennel à l’unité, exhortant son collègue à mesurer l’impact de son « geste isolé » et à ne pas compromettre l’élan collectif au nom de l’intérêt général.

C’est un discours prononcé « avec gravité et responsabilité » qu’a tenu le Député Akim Radji. Selon lui, le Parti Les Démocrates est confronté à une « épreuve pour notre démocratie, une alerte pour notre cohésion nationale et un test pour nos institutions ».

L’origine de la crise réside dans la démarche de l’Honorable Michel Sodjinou. Après avoir retiré et remis sa fiche de parrainage au Président Boni Yayi le 2 septembre 2025 pour la candidature du duo Agbodossou-Lodjo, Sodjinou a « officiellement demandé sa restitution estimant ne pas avoir donné son accord pour le parrainage tel qu’il a été utilisé ». Une décision judiciaire rendue le 13 octobre 2025 a ordonné la restitution de cette fiche et l’émission d’une nouvelle par la CENA, ce qui a eu pour effet immédiat « d’invalider l’un des 28 parrainages initialement utilisés ».

 

L’interpellation du collègue

 

S’adressant directement à Michel Sodjinou, Akim Radji a souligné l’enjeu fondamental : « peut-on en pleine procédure électorale remettre en cause un parrainage déjà engagé au nom du parti sans concertation, sans justification politique et sans considération pour l’intérêt général » ?

Il a pressé son collègue de regarder « au-delà des blessures personnelles » et de considérer les conséquences de son action sur la cohésion et la crédibilité du parti, ainsi que sur « la souffrance des exilés des prisonniers politiques ».

« Tu as le droit d’être en désaccord, tu as le droit de t’exprimer mais tu as aussi le devoir de protéger ce que nous avons construit ensemble », a martelé le Député, avant d’ajouter : « Michel, je te tends la main, pas pour effacer le passé mais pour sauver l’avenir ».

 

Le régionalisme de Boni Yayi réfuté

 

Concernant les propos attribués à Michel Sodjinou accusant le Président Boni Yayi de régionalisme, Akim Radji a apporté une ferme réfutation. Il a déclaré que le Président Boni Yayi « n’a jamais été un régionaliste » et a toujours gouverné « avec équité et vision nationale ». Il a cité en témoin les infrastructures réalisées dans l’Ouémé durant son mandat, contrastant cette période avec les 10 dernières années où, selon lui, « c’est les prisons qu’on construit ».

Enfin, Akim Radji a assuré que la Cour Constitutionnelle a été saisie des « irrégularités » qui entachent cette procédure. Il a réaffirmé avec force : « le parti Les Démocrates participera bel et bien aux élections électorales ».