La sanction tombée le 18 juin 2025 n’est pas qu’une affaire interne : en écartant provisoirement Gratien-Laurent Ahouanmènou de la Direction exécutive, le président de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), Joseph Djogbénou, vient de pousser un cran plus loin la fracture latente entre l’UPR et son allié historique, le Parti du renouveau démocratique (PRD). Le clivage, jusqu’ici contenu dans les couloirs et les notes internes, éclate désormais au grand jour – au point de placer le retrait pur et simple du PRD à l’ordre du jour. Une suspension qui fait office de détonateur Le communiqué signé par Joseph Djogbénou ne se contente pas de rappeler des manquements statutaires ; il accuse Ahouanmènou de « faute grave » pour avoir revendiqué son appartenance persistante au PRD, parti « dissous » selon la lecture officielle. Dans le camp arc-en-ciel, on y voit plutôt la riposte d’une direction UPR agacée par la contestation interne : depuis des mois, les cadres issus du PRD dénoncent une absorption sans respect de l’âme fondatrice de leur parti. Le PRD revendique son identité et sa légitimité Secrétaire général adjoint du PRD, Gratien Ahouanmènou campe sur une ligne de principe : « Le PRD n’a jamais été formellement dissous, faute de congrès extraordinaire et de constat juridique du ministère de l’Intérieur. » Répondant le 17 juin à la mise en garde de l’UPR, il fustige « les graves atteintes à la loi » qu’il dit observer de l’intérieur. Son expulsion provisoire sonne, pour de nombreux militants, comme la confirmation que toute voix dissonante venue du PRD est désormais indésirable dans l’attelage majoritaire. Houngbédji mis en cause, la ligne rouge franchie Les attaques verbales contre Adrien Houngbédji, figure historique du PRD, ont scellé la rupture émotionnelle. Ahouanmènou parle d’« injures » restées sans riposte de la part de ses homologues UPR ; pour lui, c’est la preuve que les engagements de respect mutuel pris au moment de la fusion n’étaient qu’un trompe-l’œil. Dans les bastions traditionnels du PRD, l’amertume grandit : la suspension d’Ahouanmènou est perçue comme une tentative de museler toute défense du legs houngbédjiste. Djogbénou accélère, la base PRD s’embrase En poussant le bouton disciplinaire, Joseph Djogbénou mise sur la dissuasion. Mais l’effet semble inverse : comités de base et élus locaux du PRD consultés ces dernières semaines évoquent déjà une « dynamique irréversible » vers le retrait. Pour la première fois, l’option d’une reprise des couleurs et des sigles PRD dans les prochaines joutes électorales n’est plus taboue. Vers un divorce officiel ? La suspension d’Ahouanmènou n’est pour l’heure que « conservatoire ». Pourtant, la procédure engagée laisse planer la menace d’une exclusion définitive – geste qui acterait symboliquement la fin de la cohabitation. Au-delà du sort personnel de l’intéressé, c’est le contrat politique scellé en août 2022 qui vacille : le PRD accuse l’UPR d’avoir rompu l’équilibre fondateur, l’UPR rétorque qu’il n’y a pas de place pour une double loyauté. Navigation de l’article Rodolfo Aloko inauguré en sélection nationale U‑20: une fierté pour le jeune ailier à NK Kustošija Zagreb Autonomisation numérique au Bénin : Label Formation offre 500 bourses pour initier les jeunes à l’informatique