On peut dire ce qu’on veut des réseaux sociaux, mais ils résument parfois la pensée collective sous un seul post.

J’ai dernièrement été amusé, « sévèrement » par le (faux) débat cornélien sur la taxation des lieux de cultes religieux qui divise l’opinion publique.

C’est vrai que sous certains régimes durant la guerre froide, les religieux étaient souvent perçus comme des espions, à la solde d’un régime ou d’une Nation ennemie. Ce qui, par exemple, transformait systématiquement les lieux de cultes, les églises surtout, en antagonistes des régimes communistes. Ces derniers les obligeaient à se soumettre à des taxes et obligations, parfois démesurées, obligeant certaines bâtisses à fermer ou à continuer le sacerdoce en secret…

Mais elle est loin cette époque.

Les pays ayant un héritage colonial en Afrique, donc par ricochet missionnaire, ont dû prospérer avec l’idée universelle du choix de la religion, comme vecteur de la liberté.

Au Bénin, avec l’avènement de la démocratie, la laïcité et la progression de l’esprit critique et scientifique, les lieux de cultes ont prospéré, paradoxalement, en quantité numéraire à Cotonou et à Porto-Novo, la capitale, au point où pour les uns, une taxe doit être imposée aux églises et mosquées particulièrement. Pour d’autres, il est inadmissible et presque scandaleux de penser à l’idée d’une imposition des lieux de cultes religieux.

 

Taxe religieuse, pieuvre du libéralisme économique

 

Je pense qu’on ne peut et qu’on ne doit pas taxer les églises ou lieux de cultes religieux. C’est contre le principe normatif qui veut que ces entités ne soient pas des entreprises.

Une église ne génère pas, au sens propre, des revenus sur la base d’un service, d’une vente ou d’une production. La mosquée, non plus n’est pas une entreprise !!! Les lieux de cultes endogènes encore moins.

Pour le comprendre, il faut remonter au sens d’une entreprise. L’entreprise a pour fonction de servir le bien commun. Les richesses sont créées pour toute la société et non pour les seuls propriétaires du capital.

Quant à la mosquée et l’église, pour ne citer que ces deux-là, les biens ont une destination universelle assignée par le Dieu Créateur. De facto, le profit est légitime.

Exiger un impôt aux églises et mosquées, uniquement pour être dans l’esprit de l’économie libérale c’est contraire à l’Unitas Multiplex, à l’universalité, à la démocratie, et au bon sens.

 

 par Amzath Abdoulaye, Consultant Politique