La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) s’est déclarée ce 6 octobre 2025 « horrifiée par le verdict de la Haute Cour militaire de Kinshasa à l’issue du procès pénal expéditif engagé contre le président honoraire Joseph Kabila, le condamnant à la peine de mort ». Pour le Secrétaire général de la Cenco, Monseigneur Donatien Nshole, la sentence contre l’ex-chef d’État, reconnu coupable de « trahison » et « crimes de guerre », est une erreur qui dessert le pays.

En République démocratique du Congo (RDC), le verdict prononcé la semaine précédente contre l’ex-président Joseph Kabila (2001-2019) continue de faire réagir. Le jugement expéditif, qui a reconnu l’ancien chef d’État coupable de complicité avec le groupe politico-militaire AFC/M23, divise l’opinion entre ceux qui y voient une « vraie justice » et ceux qui dénoncent un « ciblage » ou une « procédure inéquitable ».

Un verdict contraire à la doctrine de l’Église
Pour Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco, la peine de mort est avant tout une violation du droit à la vie défendue par l’Église. S’exprimant au micro d’Alexandra Brangeon, il précise que cette prise de position n’est pas personnelle : « Ce n’est pas parce que c’est la personne du président honoraire Kabila, prévient-il au micro d’Alexandra Brangeon. C’est parce que là, vraiment, c’est une position politique qui va à l’encontre d’un principe sacro-saint de la doctrine de l’Église ».

Monseigneur Nshole rappelle l’engagement constant des évêques sur cette question : « En 2024, quand le ministre de la Justice a fait publier l’instruction suspendant le moratoire sur l’application de la peine de mort, la Cenco avait réagi. Il n’était pas question du président Kabila. Dieu est l’auteur de la vie et lui seul a l’autorité légitime sur son commencement et sa fin. C’est vraiment quelque chose que nous ne pouvons pas accepter. »

Un risque pour la cohésion nationale
Au-delà de la question doctrinale, la Cenco s’inquiète des conséquences politiques de cette sentence sur la situation nationale. Le secrétaire général souligne que le contexte actuel exige le renforcement de la cohésion : « Et puis, dans le contexte actuel où nous sommes appelés à renforcer la cohésion nationale, les évêques ont parlé en des termes très polis en évoquant un jugement pénal expéditif. Donc, dans ce contexte, ça ne sert pas le pays. Ça le dessert parce que nous sommes en train de travailler à un dialogue inclusif que nous estimons plus qu’urgent maintenant. »

En conclusion, Monseigneur Nshole est formel : une « condamnation à mort d’un acteur majeur qui peut aussi contribuer à la recherche » de la cohésion en RDC, « ne va pas servir le pays ». Cette mise en garde de la Conférence épiscopale souligne les profonds défis politiques et judiciaires auxquels la République démocratique du Congo est confrontée.

 

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