COPENHAGEN, DENMARK - 2025/10/01: France's president Emmanuel Macron speaks to the media as he arrives for an Informal Meeting of Heads of State or Government of the European Union. An informal meeting of EU heads of state or government will take place at Christiansborg Palace in Copenhagen on 1 October 2025, under Denmark's Presidency of the Council of the European Union. The gathering, which brings together members of the European Council, will serve as a platform for leaders to exchange views and discuss pressing issues facing the Union in a less formal setting. This summit marks a key moment in Denmark's presidency, highlighting its role in steering dialogue and cooperation among EU member states. (Photo by Kristian Tuxen Ladegaard Berg/SOPA Images/LightRocket via Getty Images)

Après la démission de Sébastien Lecornu, la question du budget 2026 reste entière. Le calendrier constitutionnel est de plus en plus contraint, et plusieurs scénarios d’urgence sont désormais à l’étude pour éviter un gel des finances publiques.

La crise politique qui secoue la France depuis la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu, lundi 6 octobre, menace désormais l’un des piliers fondamentaux de l’action publique : l’adoption du budget. Alors que la présentation du projet de loi de finances pour 2026 devait intervenir *au plus tard le 13 octobre*, le temps manque pour soumettre une nouvelle mouture au Parlement, surtout dans un contexte d’incertitude gouvernementale.

Même si un nouvel exécutif devait être nommé dans les jours à venir, la tâche s’annonce complexe. Le texte budgétaire préparé par l’équipe Lecornu avant sa démission est désormais caduc politiquement, et une *réécriture partielle ou totale* semble inévitable. Cela laisse peu de marge pour respecter les *70 jours constitutionnels* alloués à l’examen et au vote du budget par les deux chambres.

Ordonnance, loi spéciale ou impasse ?*

En théorie, *un gouvernement démissionnaire* peut toujours faire adopter un budget par *ordonnance*, mais uniquement après avoir tenté — en vain — de le faire voter au Parlement dans le délai imparti. Une procédure exceptionnelle qui, bien que légale, serait très mal perçue dans l’actuel climat de défiance entre l’exécutif et le Parlement.

« Une telle méthode risquerait d’aggraver encore un peu plus la crise politique au Parlement », analyse un constitutionnaliste interrogé anonymement.

Face à ce blocage, le scénario jugé le plus probable dans les cercles parlementaires est celui du *vote d’une loi spéciale, permettant de prolonger le fonctionnement budgétaire sur la base du budget de l’année précédente. Cette solution, déjà mise en œuvre en décembre 2024 lors de la chute du gouvernement Barnier, avait permis d’éviter un **shutdown à l’américaine*, c’est-à-dire une paralysie de l’État par manque de crédits votés.

 

### *Deux urgences prioritaires*

Dans un ultime geste d’apaisement, Sébastien Lecornu a invité les principales forces politiques à le rencontrer les *7 et 8 octobre, affirmant dans un communiqué vouloir *« concentrer » les négociations sur deux priorités : le budget et l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.**

« Ses soutiens ont convenu de ces deux urgences », précise le communiqué du Premier ministre démissionnaire.

Mais ces discussions, aussi urgentes soient-elles, ne garantissent pas un consensus majoritaire dans un paysage parlementaire fragmenté. Et l’ombre d’un budget improvisé ou retardé continue de planer sur les finances publiques françaises, à moins de trois mois de l’exercice budgétaire 2026.