À la veille du vote décisif pour la désignation du tandem de l’opposition à la présidentielle de 2026, le parti Les Démocrates (LD) est en pleine tourmente. L’ancien président Boni Yayi, figure centrale, est confronté à un choix difficile : maintenir l’unité nationale ou céder aux pressions de ceux qui « exigent la fibre identitaire ». Le scrutin interne, qui aura lieu demain, 12 octobre, au palais « La Gratitude » à Abomey Calavi, verra l’affrontement entre l’expérimenté Éric Houndété et plusieurs « faucons » jouant sur l’origine. Quatre profils en compétition sous l’ombre de Yayi Les prochaines élections générales sont perçues par le parti comme un « tournant décisif, pour la survie de la démocratie au Bénin ». Après le retrait de plusieurs candidatures, les tractations se focalisent sur quatre figures. L’ombre de Boni Yayi, « qui a toujours drainé du monde électoral régnant en maître sur huit départements sur 12 au Bénin », plane sur le processus, et il est mis sous pression pour privilégier un ressortissant du Nord. Le favori, Éric Houndété, originaire du Sud, est salué comme le « vétéran » au parcours élogieux et le candidat de « Rassemblement national ». Cependant, « des rebelles et caciques du parti font tout pour lui dénier son leadership ». Parmi les anti-Houndété, on retrouve notamment : Un jeune « contestataire invétéré et candidat des réseaux sociaux », natif de Tchaourou, dont le programme se résume au « règlement de compte avec le régime actuel » et à venger les humiliations subies par Boni Yayi sous la « Rupture ». Un député « effacé et très discret » qui « surfe sur sa proximité ethnique avec Boni Yayi » pour se faire désigner. À défaut de ces options régionales, certains tentent de reproduire un scénario de 2021 en promouvant le profil d’un juriste. L’erreur « à ne pas commettre » : le risque du suicide politique Choisir un candidat basé uniquement sur l’origine serait faire « Hara-Kiri soit même ! ». Un tel choix aurait pour conséquence de « fédérer autour du candidat Wadagni, les déçus et frustrés du parti LD et par ricochet, les populations de la région méridionale qui vont voter massivement Wadagni ». L’appel est à la raison et à l’efficacité : Le « bon choix, c’est Houndété » pour sa capacité à prôner la réconciliation et son aptitude à la mobilisation financière internationale. L’enjeu est de taille : pour l’opinion, le combat qui s’annonce est un énième duel entre Talon et Yayi, et seule la désignation d’un « candidat de consensus » peut enfin mettre fin à ce cycle qui « fatigue le peuple béninois ». Navigation de l’article Prix Nobel de la paix 2025 : Maria Corina Machado, « la flamme de la démocratie » vénézuélienne Tentative de coup d’État à Madagascar: Comment Andry Rajoelina gère la crise