Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, le Secrétaire général Antonio Guterres a sommé les pays du Sahel de surmonter leurs différends pour bâtir une coopération en matière de sécurité, essentielle pour contrer l’expansion alarmante des attaques jihadistes. Les États de l’Alliance des États du Sahel (AES) se sont dits disposés à coopérer, mais ont rappelé l’impératif du respect de leur souveraineté.

C’est un appel solennel qui a été lancé par le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, mardi 18 novembre, lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest. Face à une région déjà en proie à une crise humanitaire et à une menace terroriste en pleine expansion, le chef de l’Organisation des Nations unies a plaidé pour l’unité.

M. Guterres a exhorté les États à agir malgré les tensions politiques qui les opposent, notamment entre la Cédéao et l’Alliance des États du Sahel (AES) – formée par le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Il a insisté sur l’urgence d’une collaboration concrète et fonctionnelle :

« Il est absolument essentiel que, malgré ces divergences, nous construisions une plateforme de coopération entre les services de renseignement et de sécurité » des pays de la région.

La Réponse des États de l’AES

 

L’ambassadeur du Mali à l’ONU, Issa Konfourou, s’exprimant au nom des États de l’AES, a répondu en affirmant leur position de principe sur la lutte contre le terrorisme, reconnaissant sa nature transfrontalière :

« La lutte contre le terrorisme est et doit rester une lutte régionale et internationale, notamment dans le contexte de l’expansion de la menace terroriste en Afrique de l’Ouest et ailleurs ».

L’ambassadeur a toutefois posé des conditions claires à cette coopération, soulignant que l’AES est « entièrement disposés à la coopération avec les États de la région et l’ensemble des partenaires qui le souhaitent, dans le respect strict de la souveraineté de nos États, de nos choix stratégiques et des intérêts de nos populations ».

La Nécessité de Reconstruire la Confiance

 

Issa Konfourou a également insisté sur la dimension politique et stratégique du problème. Selon l’ambassadeur, « il est essentiel de reconstruire la confiance entre les parties prenantes de la région Afrique de l’Ouest ».

Il a réclamé une nouvelle approche régionale, rompant avec les pratiques passées :

« Il est notamment primordial que les États de la région Afrique de l’Ouest aient une compréhension commune de la menace terroriste et des réponses partagées à y apporter. Pour ce faire, il faut une approche autre que celle que nous avons jusqu’ici connue, faite des ingérences extérieures hostiles, des sanctions illégales, injustes et inhumaines, voire des menaces d’intervention militaire dans un pays souverain ».

Aujourd’hui, les factions liées à al-Qaïda (Jnim) et à l’État islamique frappent dans une zone allant du Mali et du Burkina Faso, à l’ouest du Niger et du Nigeria, jusqu’à la frontière du Sénégal. Au Mali, le Jnim a notamment « mené un blocus sur les ravitaillements de carburant, asphyxiant l’économie du pays jusqu’à sa capitale ».

La Rédaction