Réunis ce vendredi 21 août 2026 à Ganhi autour du porte-parole Éric Orou Yérima, les hauts responsables de la Police républicaine ont dressé le bilan d’une vaste campagne de sécurisation. Entre démantèlement de réseaux de cambriolage, coup d’arrêt aux escroqueries pyramidales et assainissement de l’administration, les forces de l’ordre affichent des résultats probants tout en misant sur une alliance renforcée avec les populations. Sorbou Soulé (Stag) Un impressionnant coup de filet sur l’ensemble du territoire C’est dans le cadre solennel de la salle de conférence de la Direction générale de la Police républicaine (Dgpr) à Ganhi que s’est tenu, ce vendredi 21 août 2026 à 17h, le traditionnel point de presse de l’institution. Pour faire le bilan de la quatrième édition de cette opération spéciale, le commissaire major Éric Orou Yérima, porte-parole de la Police républicaine, s’est présenté entouré d’un état-major impressionnant : le commandant central des unités territoriales, le commandant central des unités spécialisées, le directeur de la sécurité publique ainsi qu’un représentant du Bureau central national (Bcn) Interpol. Sur le terrain, la mobilisation des unités a donné lieu à des chiffres éloquents en matière de lutte contre les trafics illicites. Pas moins de 180 336 contrôles et vérifications d’identité ont été exécutés à travers tout le pays. Ces investigations d’envergure ont permis d’éradiquer 806 ghettos et d’amener 4 098 individus au poste de police. Les saisies matérielles témoignent également de l’intensité des frappes : 1,37 tonne de cannabis, 4,32 tonnes de produits pharmaceutiques contrefaits, 16 armes à feu et 129 munitions ont été retirées de la circulation, sans compter la confiscation de 3 724 000 francs Cfa liés à ces réseaux et la mise en fourrière de 9 257 véhicules suspects à deux et quatre roues. Atteintes aux biens : des réseaux de cambrioleurs hors d’état de nuire Faisant de la neutralisation des vols avec intimidation et agressions physiques une priorité opérationnelle majeure, les forces de sécurité ont porté des coups sévères à la criminalité urbaine. À Togba, le commissariat d’arrondissement a neutralisé un réseau mixte de braquage et de cambriolage, entraînant l’arrestation de quatre suspects. À Cotonou, les hommes du commissariat du 3ᵉ arrondissement ont élucidé une affaire particulièrement marquante. Dans la nuit du 14 au 15 août 2026, le domicile d’un cadre de l’administration publique situé au quartier Agongomin avait été victime de vandalisme et de pillage. Dès le 15 août, l’intervention rapide des enquêteurs a permis d’interpeller le cerveau de cette bande en possession de 210 300 francs Cfa et d’un téléphone volé. La perquisition menée à son domicile a par la suite permis de retrouver deux téléphones supplémentaires, un ordinateur portable, un disque dur externe ainsi que le passeport de la victime. Offensive majeure contre l’escroquerie pyramidale et la corruption Le volet économique et financier du bilan révèle un combat sans merci mené par la Brigade économique et financière conjointement avec le Bcn Interpol de Cotonou contre les réseaux d’escroquerie pyramidale opérant sous la bannière de Qnet. Ces structures criminelles, qui ciblent impunément la jeunesse ouest-africaine en faisant miroiter de fausses opportunités d’emploi ou de voyage, ont fait l’objet d’une traque méthodique. Depuis avril 2026, 24 opérations policières ont conduit à l’interpellation de 92 suspects, tous déférés devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). La coopération internationale a également porté ses fruits : l’action du Bcn Interpol a permis, entre mai et juillet 2026, de démanteler trois sites et d’arrêter cinq responsables installés dans un pays anglophone voisin, libérant ainsi une centaine de victimes béninoises retenues dans leurs filets. Par ailleurs, la rigueur policière s’est exercée jusqu’au sein du système éducatif. Un réseau de trafic d’influence mis au jour à la Direction des examens et concours spoliait les superviseurs désignés pour le Cep 2026, en leur extorquant 160 000 francs Cfa sur leur prime légitime de 200 000 francs Cfa. Le chef du secrétariat de la direction, identifié comme l’instigateur principal, a été écroué sous mandat de dépôt avec neuf autres complices poursuivis dans le cadre de ce dossier. Mise en garde solennelle à la jeunesse et alliance communautaire Prenant de la hauteur par rapport aux chiffres, le commissaire major Éric Orou Yérima a adressé un message poignant à la jeunesse béninoise, qu’il a qualifiée de « pilier de notre avenir collectif » tout en alertant avec gravité sur les « défis d’une gravité préoccupante qui menacent son plein épanouissement ». Le porte-parole a dénoncé sans détour la consommation grandissante des drogues de synthèse, communément appelées « atikékwin », qui « altère les facultés et brise les destins », ainsi que l’appât du gain facile et la cybercriminalité, lesquels « détournent bien des talents de la voie de l’honnêteté et du travail vertueux ». Il a martelé avec fermeté : « Il est impératif que chaque jeune prenne conscience de sa valeur et se détourne de ces mirages destructeurs », avant d’exhorter la jeunesse à « cultiver le goût de l’effort, car seul le labeur patient et intègre construit de façon durable ». En conclusion de ce point de presse, la Police républicaine a réaffirmé son engagement irréversible en faveur d’une approche communautaire de la sécurité. Basée sur une coproduction de la tranquillité publique avec les élus locaux, la chefferie traditionnelle, les ONG et les associations de jeunes et de femmes, cette doctrine se structure autour de l’acronyme PRIOR : Partenariat, Résolution des problèmes, Implication responsable, Orientation externe et Redevabilité, cette dernière illustrant l’exercice de reddition de comptes auquel l’institution s’est pliée en partageant ces résultats devant les médias. 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