La deuxième édition du festival KUCAATI se tiendra du 28 au 30 août 2026. Porté par la volonté de transmettre la mémoire et d’unir la communauté Otammari, cet événement identitaire d’envergure déporte les traditions de l’Atacora vers la région méridionale du Bénin pour trois jours de célébration, de fraternité et d’immersion culturelle.

Une véritable immersion au cœur du pays somba s’annonce pour la communauté du nord et l’ensemble du public béninois. Sous la houlette de Jean-Claude Kouagou, président du comité d’organisation, l’équipe peaufine les derniers détails pour offrir une fête authentique, vibrante et hautement éducative.

Transmettre les valeurs ancrées dans la tradition

Le festival KUCAATI tire ses origines des pratiques coutumières célébrées lors de la transition entre la saison sèche et la saison des pluies. Il prépare traditionnellement l’entrée dans les travaux champêtres tout en célébrant des valeurs morales universelles chères au peuple Otammari, telles que la bravoure, la dignité, la loyauté et l’amour du travail.

À travers des duels oratoires et des joutes chantées, la tradition offre un espace d’expression unique : elle magnifie les comportements exemplaires et permet de corriger avec bienveillance les déviances sociales. L’événement fait également la part belle à l’école du soir, en réinventant les séances de contes et devinettes au coin du feu pour inculquer la sagesse ancestrale aux plus jeunes.

Rapprocher le village des populations de la diaspora

Organisé dans la commune d’Abomey-Calavi, ce rendez-vous répond à une ambition claire : permettre aux cadres, familles et enfants installés dans le sud du pays de vivre l’expérience culturelle de leur terroir sans barrière géographique. Les festivaliers venus directement de l’ère Otammari — Boukoumbé, Natitingou et Toucountouna — feront le déplacement pour offrir un spectacle d’une authenticité rare.

Jean-Claude Kouagou, président du comité d’organisation du festival KUCAATI, rappelle toute l’importance de ce partage : « L’idée, c’est d’amener le village auprès des populations et des concitoyens de chez nous pour que ceux qui n’ont pas toujours l’opportunité d’aller au village puissent vivre ça. »Il souligne également l’universalité et la portée éducative d’une telle immersion : « L’homme est tel que quand il regarde quelque chose d’authentique, lui-même, même quand on ne lui explique pas, il comprend. »

Gastronomie, art et découvertes identitaires

Placée sous le thème « Culture et identité : rôle et valeurs Tamari dans les objectifs culturels du Bénin à l’horizon 2060 », cette édition propose un programme particulièrement riche. Les visiteurs pourront apprécier la richesse de la culture Otammari à travers ses emblématiques tatas fortifiés, ses cicatrices esthétiques, mais aussi sa médecine traditionnelle et sa gastronomie locale.

Entre le Tchoukoutou (bière traditionnelle de sorgho), les crêpes Tipin, la pâte de riz de montagne et la sauce Fagara, les saveurs authentiques du nord seront à l’honneur. Des artistes de renom moderne d’inspiration traditionnelle comme Aïlo et Mbena viendront rehausser l’éclat de cette grande fête de la fraternité et de la mémoire.