Interpellée suite à des publications sur les réseaux sociaux relatives aux récents événements militaires, la figure de l’audiovisuel béninois a quitté les locaux de la police ce mercredi. Si elle recouvre une liberté de mouvement, la procédure judiciaire reste active.

L’épilogue de sa garde à vue est tombé après plusieurs heures d’audition. Angela Kpeidja, journaliste émérite et voix influente de la scène médiatique nationale, a été autorisée à regagner son domicile. Toutefois, cette libération est assortie d’une mise sous convocation, signifiant que le dossier n’est pas classé par les autorités judiciaires.

Des interrogations dans le viseur de la justice

L’origine de ses ennuis judiciaires remonte à une publication sur sa page Facebook. Dans un contexte marqué par l’annonce d’une tentative de mutinerie déjouée le 7 décembre dernier, la journaliste s’était interrogée publiquement sur le silence ou l’absence de certaines autorités militaires. Elle avait notamment écrit : « Où est le chef d’Etat major ? Où est celui qui vend habituellement la mèche des coups d’Etat ».

Ces propos, perçus comme sensibles par les services de sécurité, ont motivé son audition par les enquêteurs. La justice cherche à déterminer si ces questionnements relèvent de la simple liberté d’expression ou s’ils tombent sous le coup des dispositions du Code du numérique encadrant la diffusion d’informations en période de crise.

Une procédure sous surveillance

Bien que libre de ses mouvements pour l’instant, Angela Kpeidja devra répondre à de futures sollicitations des magistrats ou des officiers de police judiciaire. Cette affaire suscite déjà de vives réactions au sein de la corporation des journalistes et de la société civile, qui y voient un test pour la liberté de ton des professionnels des médias sur les questions de défense et de sûreté de l’État.

Pour l’heure, les autorités n’ont pas communiqué sur la date de sa prochaine comparution, ni sur les chefs d’accusation précis qui pourraient être retenus contre elle.

La Rédaction