Alors que les inondations du 6 mai dernier ont plongé des milliers de foyers cotonois dans le désarroi, la Société des Infrastructures Routières et de l’Aménagement du Territoire (SIRAT) monte au créneau. Entre le cri de détresse de Gbèdjromédé et les explications techniques sur une pluviométrie exceptionnelle, l’heure est au bilan et à la recherche de solutions structurelles pour une capitale économique plus résiliente. Les visages sont marqués par la fatigue et l’incertitude dans les rues de Sikècodji et de Gbèdjromédé. Quarante-huit heures après le passage du violent front pluvieux qui a balayé la ville ce mercredi 6 mai, le décor reste celui d’une cité pansant ses plaies. L’eau a forcé les portes, noyant les espoirs et paralysant le cœur battant du commerce béninois. Le calvaire des riverains À Gbèdjromédé, l’ampleur des dégâts matériels est frappante. Pour de nombreuses familles, le sinistre a pris une tournure dramatique dès l’aube. Une habitante témoigne de la violence de l’intrusion des eaux : « l’eau est restée dans notre chambre même rentré sous notre matelas le matelas était tout mouillé tous les cartons tous les habits qui sont dedans sont mouillés ». Ce désarroi se double d’une précarité immédiate, comme le souligne un riverain désemparé face à ses effets personnels détruits : « Je ne sais pas où on va dormir ». L’économie locale n’est pas épargnée. À Sikècodji, les activités sont au point mort, les axes routiers étant devenus impraticables. « Je ne suis allée nulle part à cause de la pluie ma zone est inondée il faut passer dans l’eau », confie une résidente, illustrant l’immobilisme forcé qui frappe la capitale et brise le dynamisme habituel des travailleurs. L’analyse technique de la SIRAT Face à cette crise et à la montée des critiques, la SIRAT a rompu le silence ce jeudi 7 mai lors d’une conférence de presse. Son Directeur Général, Ranti Akindes, a tenu à préciser l’exceptionnalité du phénomène météorologique. Avec 172 millimètres de pluie enregistrés en seulement trois heures, la ville a reçu l’équivalent d’un mois de précipitations habituelles. « C’est une situation assez préoccupante qui a conduit à l’engorgement des routes, à des difficultés de circulation et à des inondations d’habitations », a-t-il déclaré. Malgré ce volume inédit, la direction se veut rassurante quant à la réactivité des infrastructures d’évacuation : « La plupart des axes structurants étaient dégagés en l’espace d’une heure, et progressivement l’eau s’est retirée dans les zones où les travaux ont été engagés ». Vers une résilience structurelle Sur le terrain, les services techniques affirment rester mobilisés. Oswald Gangbo, coordonnateur du Programme d’Assainissement Pluvial de Cotonou (PAPC), assure que les ouvrages déjà réalisés jouent leur rôle de bouclier, bien que certaines zones demeurent vulnérables en raison de l’avancement des travaux. Pour François Agomadje, directeur du pôle aménagement, l’urgence a été gérée par un curage intensif des caniveaux et un suivi rigoureux des points critiques. En conclusion, la SIRAT en appelle à une véritable « discipline environnementale ». Le curage des collecteurs ne peut être pleinement efficace si l’incivisme persiste. La gestion des inondations, bien qu’impulsée par l’État, demeure un défi collectif où chaque déchet jeté dans un réseau d’assainissement devient, lors du prochain déluge, un obstacle à la sécurité de tous. Navigation de l’article Hantavirus : La France en état de vigilance après l’identification de 22 cas contacts Bénin : la FCBE tourne le dos à l’opposition et mise sur Wadagni