Après une attente ponctuée de scrutations minutieuses, la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) a levé le voile sur les chiffres du scrutin législatif du dimanche 11 janvier 2026. Le verdict est sans appel : les deux géants de la majorité présidentielle, l’UPR et le BR, se partagent l’intégralité des 109 sièges de l’Assemblée nationale, évincant de fait les forces de l’opposition. Une hégémonie confirmée pour la majorité Le paysage politique béninois prend un nouveau visage après la proclamation des résultats provisoires ce samedi. L’Union Progressiste le Renouveau (UPR) consolide sa position de première force politique du pays en captant 41,15 % des suffrages, ce qui lui octroie 60 sièges au sein de l’hémicycle. Juste derrière, le Bloc Républicain (BR) confirme sa solidité avec 36,64 % des voix, s’adjugeant ainsi les 49 sièges restants. Cette répartition binaire témoigne de la résilience du bloc de la majorité présidentielle qui, malgré l’usure du pouvoir, a su mobiliser son électorat pour conserver une domination absolue sur la future législature. Le mur des 20 % : l’obstacle infranchissable pour Les Démocrates Le grand perdant de ce scrutin est indubitablement le parti « Les Démocrates » (LD). Bien que la formation de l’ancien président Boni Yayi ait réalisé une performance nationale non négligeable avec 16,16 % des voix, elle se voit totalement exclue du partage des sièges. La raison de cette éviction réside dans les réformes du code électoral : pour être éligible à la répartition des sièges, un parti doit désormais obtenir un minimum de 20 % des suffrages exprimés dans chacune des 24 circonscriptions électorales. N’ayant pas atteint ce seuil critique partout, les LD perdent leurs 28 sièges actuels, laissant le parlement sans représentation de l’opposition radicale. Les autres formations, telles que la FCBE (4,86 %) et Moele Bénin (1,21 %), demeurent également à la porte de l’Assemblée. Vers un parlement monocolore ? Ces résultats confirment la suprématie stratégique des deux partis de la mouvance. Si les chiffres de la CENA doivent encore être validés par la Cour Constitutionnelle, ils dessinent déjà une assemblée où le débat sera essentiellement arbitré entre les deux piliers du pouvoir. L’absence des voix de l’opposition au sein de la prochaine législature soulève déjà des interrogations au sein de la société civile sur l’inclusivité du débat démocratique pour les années à venir, alors que le pays se projette déjà vers l’élection présidentielle d’avril prochain. Navigation de l’article Adieu au Quartier-maître Jean-Baptiste Dotou : le prix de la loyauté républicaine Revanche électorale : Michel Sodjinou et les démissionnaires de « Les Démocrates » signent leur retour au Parlement