Alors que les débats intellectuels s’intensifient autour du rapprochement entre les savoirs ancestraux et les théories scientifiques modernes, le Thérapeute de l’âme et Président de l’ONG « La Phè », Sylvain KUASSI, apporte un éclairage inédit et profond sur les principes fondamentaux du Fá. Entre rigueur conceptuelle, respect absolu du sacré et préservation du patrimoine endogène, retour sur un entretien captivant qui recadre les limites de la science face aux mystères de l’univers.

Journaliste : Bonjour. Aujourd’hui nous allons parler de la physique quantique. Et la première question que je m’en vais vous poser : peut-on réellement établir un lien entre la physique quantique et le Fá ?

Sylvain KUASSI : « Mais oui, bien sûr. Avant de répondre à ta question, je vais d’abord rebondir à à cette notion scientifique que souvent les professeurs d’université africains, ils pensent qu’on peut rentrer dans le sacré, dans le Vodoun avec la science. Et souvent ils parlent d’un mot français qu’il qu’il l’épistémologie. Qui est en réalité un mot grec, qui parle de savoir, science et savoir. »

Journaliste : Selon votre analyse, la démarche scientifique moderne et l’épistémologie sont-elles outillées pour saisir toute la dimension métaphysique du Vodoun ?

Sylvain KUASSI : « Est-ce que ce discours rationnel de la science qu’elle est qu’est l’épistémologie peut parler du Vodoun ? De ce mystère qu’est le sacré ? Je dis non, déjà. Donc, je demanderais à à mes écoliers, aux professeurs d’université de rester dans leur domaine. Faut pas qu’ils profanent le sacré. C’est pas honnête, c’est pas sérieux. »

Journaliste : Quelle est la véritable nature du Fá par rapport au monde matériel et aux lois de la physique classique ou quantique ?

Sylvain KUASSI : « Le quantique déjà, le… la physique, la physique quantique parle du rayonnement de la matière. La matière dégage des rayonnements, des ondes. Des rayonnements lumineux, hein. Par exemple, le soleil que nous voyons, les phy… les physiques, il est physique, on le voit. Donc, la quantique peut parler de ce rayonnement de la matière, des corps terrestres. Mais le Fá n’est pas dans la matière. D’accord ? Quand on parle du Fá, on parle du Vodoun, on parle d’Odù. C’est quoi les Odù ? Les Odù sont les soleils, sont les étoiles. Des étoiles que l’œil humain ne voit pas, c’est Dieu. C’est le génie solaire qui n’est pas à la portée de l’existence matérielle des hommes mortels. »

Journaliste : On entend souvent associer le Fá aux quatre éléments de la nature. Existe-t-il une confusion dans cette interprétation ?

Sylvain KUASSI : « Mais quand on rentre dans le principe de Odù, faut pas mélanger le Odù, le génie solaire, avec les quatre éléments. Les quatre éléments sont purement mortels. Quand je dis quatre éléments, pour que les pour que les gens puissent pour qu’on doit penser automatiquement au feu, à l’eau, la terre et l’air, ces éléments sont mortels, ce sont des animaux. Ce que nous faisons au Bénin, la tradition du Nord… le savoir en général du Bénin n’est pas lié aux quatre éléments. Les quatre éléments en Occident, ils ont des rites. Des des des des cérémonies de la magie pour les invoquer. Et ce sont ce sont des êtres vivants, des animaux qui sont dans leur milieu. Nous, en tant que terrestres, on est composés de quatre éléments, nous sommes terrestres. Eux ils sont dans leur élément, chacun dans leur élément, à chacun son élément. D’accord ? Donc faut pas mélanger le Odù, le Fá avec les quatre éléments. Ça aussi c’est des aberrations que les gens répètent. »

Journaliste : En quoi la structure géométrique et ésotérique du Fá se distingue-t-elle des autres traditions sacrées mondiales ?

Sylvain KUASSI : « On prend le nom de Yahvé : Yod, Hé, Vav, Hé, le Tétragramme. Or que quand qu’on qu’on regarde aisé… aisément le Tétragramme Yahvé de de de de des cabbalistes, on verra que ils nous ont tous bernés un peu et trompés un peu. En fait, la vérité est là. Si c’est un mystère, il faut pas dévoiler le mystère. Dans ce nom, ils ont caché quoi ? Chaque Tétragramme correspond à un nom d’idée. Le Yod donc correspond à un nom d’idée. Donc le Yod a obligatoirement son Tétragramme. Le Hé a aussi son Tétragramme. Le Vav a aussi son Tétragramme et le Hé a aussi donc son Tétragramme. Donc le nom de Yod, Hé, Vav, Hé, ça fait quatre rangées de Tétragrammes. Or que le Fá dit : chaque signe de Fá est un Tétragramme. Et dans le Fá, on a les signes mères qui sont donc deux Tétragrammes. Donc c’est la mutation de tout ça que aujourd’hui qui est la haute science de la physique… Le Fá, c’est le tétragramme : quatre rangées de points pairs et impairs. Le tétragramme, on voit que les la Cabale, la tradition hébraïque parle de tétragramme… Les signes de Fá se mutent. Donc les signes de Fá ne sont pas figés. Si ils sont figés, ils peuvent pas créer une constellation qui est l’Ouroboros. La la mutation est la clé d’un grand Bokonon, qui de que beaucoup ne détiennent pas. Le Fá qui permet de transcender le mental. Donc, être au-dessus du savoir, au-dessus de la rationalité. »

Journaliste : Quelle portée accordez-vous alors à la transmission de cette connaissance pour les chercheurs et initiés d’aujourd’hui ?

Sylvain KUASSI : « Et quand je parle de Vodoun, je parle de Fá. Faut pas séparer les deux. Beaucoup ne le savent pas, ils l’ignorent. J’ai toujours parlé du Vodoun en tant que Fá. Le mot vient d’Odù qui désigne uniquement le Fá. »