Saisi par une ONG alertée sur la détresse médicale de jeunes adolescents, le parquet spécialisé a ordonné le placement en détention de trois individus. Ils sont poursuivis pour des faits d’abus sexuels, de détournement de mineurs et de transmission de pathologies graves.

Trois personnes présentées au procureur près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) ont vu leur liberté provisoire refusée, écopant d’un mandat de dépôt. L’affaire implique un féticheur et un vice-pasteur d’une église, tous deux établis dans le département du Zou, ainsi qu’un intermédiaire.

Selon les investigations, le mode opératoire consistait à cibler des adolescents vulnérables, en situation d’orphelinat ou de précarité, en profitant de leur position sociale et en leur proposant des avantages matériels. Épinglés pour des soupçons d’abus sexuels sur mineurs de sexe masculin, de détournement et de contamination à des maladies sexuellement transmissibles (MST), les mis en cause devront répondre de leurs actes devant la justice en novembre prochain.

L’affaire a éclaté à la suite de l’intervention d’une organisation non gouvernementale locale. Sollicitée initialement pour un appui à la scolarisation par des enfants victimes, l’équipe dirigeante a mené des investigations de proximité pour comprendre les conditions de vie antérieures des mineurs. Ces démarches ont conduit à de lourdes confidences : les victimes avaient fui leur ancien tuteur, par ailleurs vice-pasteur à Bohicon, en raison de pratiques récurrentes de violences sexuelles.

Les examens médicaux réalisés au Centre hospitalier départemental (CHD-GOHO) ont confirmé la gravité de la situation sanitaire des victimes. Un responsable de l’ONG témoigne de la détresse physique constatée : « L’un de ses enfants chie du sang quand il va aux WC et un autre, a des boutons sur son corps », avant d’ajouter : « Les enfants ont été contaminés à une MST et à la tuberculose ».

Face à ces indices concordants, l’organisation a saisi les autorités de la Police républicaine. Les investigations menées en lien avec les services sanitaires ont permis d’obtenir les réquisitions nécessaires à la prise en charge médicale des mineurs. Grâce aux opérations coordonnées, l’interpellation des suspects s’est échelonnée sur plusieurs jours : le vice-pasteur a été appréhendé le dimanche 27 septembre, l’intermédiaire le vendredi 2 octobre, et enfin le féticheur à son domicile du Zou le dimanche 4 octobre.