La crise interne au parti Les Démocrates (LD) a atteint son paroxysme. Alors que l’opposition dénonce depuis des années le système de parrainage comme une manœuvre du pouvoir en place pour confisquer le jeu politique, le député Michel François Oloutoyé SODJINOU vient d’exposer publiquement les failles internes qui alimentent ce piège. Dans sa déclaration choc, M. SODJINOU, coordonnateur de la 19e circonscription, fustige un leadership d’un autre âge qui a « asphyxié » l’idéal du parti, menaçant de fait l’objectif national : celui d’une « compétition saine » face à la mouvance présidentielle.

 

Le système Yayi Boni, un schéma qui se répète

 

Michel SODJINOU, « militant de la première heure », prend la parole par « devoir envers l’histoire de notre pays » pour affirmer que les problèmes du LD sont structurels et non conjoncturels. Il dénonce un « leadership sans partage » du président Boni Yayi, dont l’influence est devenue « totale » sur les organes du parti.

Il établit un parallèle accablant :« C’est le même schéma qui a été reproduit, 5 ans plus tard, en 2021, toujours avec le même leadership du Président Yayi, cette fois-ci avec LD. L’histoire s’etait répétée. Contre toute logique démocratique. notre parti a fini par choisir de porter la candidature de Mme Reckya Madougou — une personnalité certes compétente, mais totalement étrangère à la vie du parti ».

Il révèle que cette dérive est allée jusqu’à engendrer un « martyr » pour les cadres non alignés sur la « nouvelle “caste” » au pouvoir, avec des « humiliations inutiles », des provocations, et un « dégoûtant débat sur la nécessité D’UN CANDIDAT DU NORD ». SODJINOU explique vouloir « rendre justice au peuple en lui montrant comment son combat peut être confisqué au service de causes qui ne servent pas forcément l’intérêt de la nation ».

 

Le processus de désignation : une « mise en scène » ?

 

Concernant l’élection de 2026, il accuse le parti d’avoir reproduit « les mêmes méthodes, les mêmes manipulations, la même absence de concertation ». Il critique notamment le fait que les députés aient été contraints de signer « à blanc leurs fiches de parrainage ».

SODJINOU dénonce de facto le système de parrainage instauré par le pouvoir, en révélant qu’il devient un outil de tyrannie interne. Il refuse de se rendre « complice d’une mise en scène qui trahit nos principes fondateurs » et annonce ne pas reconnaître le processus actuel de désignation qui, selon lui, a déjà acté le choix de « M. Renaud Agbodjo ».

Si M. SODJINOU ne pointe pas directement la mouvance présidentielle comme instigatrice de son geste, son acte et sa déclaration renforcent la thèse de l’opposition qui voit dans le système de parrainage une machine à diviser et à affaiblir les rivaux. En exposant la fragilité du LD, M. SODJINOU valide, bien involontairement, le risque dénoncé : celui de voir l’opposition s’autodétruire en s’empêchant d’être une « alternative » crédible face au pouvoir.

 

Fifamey RAS