L’ordre constitutionnel béninois a été brièvement menacé ce dimanche matin par un groupuscule de soldats qui a annoncé à la télévision publique avoir « démis de ses fonctions » le Président Patrice Talon. L’armée régulière a rapidement repris la main, permettant à l’entourage présidentiel de rassurer le pays. Selon des sources sécuritaires, une douzaine de militaires ont été arrêtés après l’échec de cette tentative de déstabilisation éclair. L’alerte a été donnée très tôt ce dimanche 7 décembre 2025 lorsque des militaires sont apparus sur la chaîne publique BTV. Ces derniers ont affirmé que le Lieutenant-Colonel Tigri Pascal, un officier d’artillerie appartenant à la Garde nationale, avait été nommé président d’un « Comité de la refondation militaire ». Les mutins annonçaient la suspension de la Constitution du 25 novembre et de toutes les institutions de la République, mais leur message a été rapidement interrompu, coupant le signal de la chaîne. Selon plusieurs recoupements, l’action séditieuse s’est heurtée à une résistance immédiate des forces loyales. Les mutins se sont d’abord dirigés vers le domicile de Patrice Talon, où ils ont été « énergiquement repoussés ». Après avoir ciblé le palais, ils ont fait irruption dans les locaux de la radio télévision publique pour enregistrer leur message. L’armée a très vite repris le contrôle. Une source militaire a déclaré que « L’armée régulière reprend le contrôle. La ville (Cotonou) et le pays sont totalement sécurisés », ajoutant que « Tout est sous contrôle. Ils n’ont pas réussi à prendre le domicile du chef de l’État et la présidence de la République. C’est une question de temps pour que tout rentre dans l’ordre. Le nettoyage suit bien son cours ». Confirmation officielle et vagues d’arrestations C’est le ministre de l’Intérieur béninois, Alassane Seidou, qui est apparu à la télévision nationale pour confirmer la reprise en main de la situation : « Au petit matin de ce dimanche 7 décembre 2025, un groupuscule de soldats a engagé une mutinerie dans le but de déstabiliser l’État et ses institutions. Face à cette situation, les Forces Armées béninoises et leur hiérarchie, fidèles à leur serment, sont restées républicaines. Leur riposte a permis de garder le contrôle de la situation et de faire échec à la manœuvre. Aussi, le gouvernement invite-t-il les populations à vaquer normalement à leurs occupations ». Dans la foulée de cette intervention, les arrestations ont commencé. D’après l’AFP, qui cite une source militaire, « une douzaine de militaires ont été arrêtés ». Une première source militaire a fait état de 13 arrestations, tandis qu’une autre a indiqué que « tous ceux qui sont aux arrêts sont des militaires, dont un déjà radié de nos effectifs ». Condamnations régionales et internationales Du côté des réactions, la Cédéao a condamné fermement l’action, la qualifiant de « subversion de la volonté du peuple béninois », et s’est dite prête à déployer une « force régionale en attente afin de défendre la Constitution et l’intégrité territoriale du Bénin ». L’Union africaine (UA) a également condamné « fermement et sans équivoque » la tentative de coup d’État, appelant les militaires à rentrer dans leurs casernes. Le président de la Commission de l’UA a exhorté « tous les acteurs impliqués dans la tentative de coup d’État à cesser immédiatement toutes actions illégales » et à « retourner sans attendre à leurs obligations professionnelles ». Enfin, la France a nié les allégations selon lesquelles des autorités béninoises auraient trouvé refuge à son ambassade à Cotonou, affirmant suivre « la situation au Bénin avec attention ». La rédaction Navigation de l’article Tentative de coup d’État au Bénin : La CEDEAO « condamne fermement » et promet son soutien, y compris par la force régionale Sénégal : Bassirou Diomaye Faye réorganise la Primature et renforce les moyens d’Ousmane Sonko