Le Colonel Tèvoèdjrè, Commandant de la Garde Républicaine, s’est confié à RFI suite à l’« tentative de coup d’état » survenue le dimanche précédent. Il a retracé la séquence des événements, depuis l’alerte à 2h10 du matin jusqu’à l’intervention des forces étrangères. Le Colonel a notamment salué le « courage du président de la République », qui était présent à son domicile lors de l’assaut des assaillants à 5h du matin.

Après l’échec de leur plan initial, les mutins ont été « surpris de la ripose et de la détermination » des hommes du Colonel. Ayant échoué à « capturer ou éliminer le président de la République », les assaillants ont tenté de dérouler leur plan en se dirigeant vers la télévision nationale (ONB). C’est lors de la contre-offensive des loyalistes que l’un de leurs blindés a été détruit, provoquant la « débandade » et l’abandon du site.

La bataille devant la résidence présidentielle avait duré environ « 45 minutes » et avait nécessité l’utilisation d’« engins blindés ». La riposte des loyalistes a été efficace, avec un bilan d’un seul mort et d’un blessé. Les mutins se sont ensuite retranchés sur la base militaire de Togbin. Afin d’éviter les « dommages collatéraux » en pleine agglomération, l’assaut a été écarté par la hiérarchie.

En fin de journée, vers 18h, un appel à la « coopération sous-régionale » sous mandat de la CEDEAO a été lancé. La partie nigériane a répondu favorablement, menant des « frappes ciblées surgicales pour détruire les engins » à l’intérieur de la base, forçant les mutins à prendre la clé des champs. La France a également apporté son concours avec un avion de reconnaissance qui a permis de déterminer « les positions des mutins ». Des forces spéciales françaises, venues d’Abidjan, ont ensuite participé au « ratissage » final.

Le Colonel a par ailleurs confirmé que le chef présumé du commando, le lieutenant-colonel Tigri, était en fuite, et que les deux chefs d’état-major kidnappés ont été libérés dans le nord du Bénin. Répondant aux accusations des mutins, il a assuré que l’armée est aujourd’hui « mieux équipée » et a réaffirmé son caractère « républicaine » et « une et indivisible », ayant fait « le gros du travail toute la journée » avant l’intervention internationale.