Alors que les états-majors politiques affinent leurs stratégies pour 2026, l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip) dresse un bilan probant de sa phase pilote de déclaration de naissance. Cette avancée majeure vers l’universalisation de l’identité juridique redéfinit les standards de la gouvernance administrative au Bénin. La réforme de l’état civil béninois franchit un cap historique. Lors de l’atelier de bilan tenu ce mardi 24 février 2026, les résultats de la phase pilote du guichet unique de déclaration et d’enregistrement des naissances ont été dévoilés. Ce dispositif, expérimenté entre le 20 août 2025 et le 20 février 2026 dans dix formations sanitaires, visait à rapprocher l’administration des lieux de naissance pour faciliter l’enregistrement immédiat des nouveau-nés. Une progression fulgurante des enregistrements Les données présentées marquent une rupture nette avec les pratiques antérieures. « Nous ne sommes pas réunis pour commenter un projet pilote, mais pour évaluer une réforme structurelle », a martelé Aristide Adjinacou, directeur général de l’Anip. Avant cette initiative, le taux d’enregistrement des actes de naissance stagnait à 21,95% entre 2021 et 2025. Sous l’impulsion du nouveau système, ce chiffre a bondi pour atteindre 76,56% dans les zones tests. Cette performance s’accompagne d’une autre avancée sociale notable : plus de 96% des enfants enregistrés bénéficient désormais d’une reconnaissance de paternité formalisée. Pour Abdon Marius Mikpon’aï, directeur de l’État civil, garantir un acte de naissance dès les premiers jours constitue un « impératif moral, juridique et social ». Le numérique au service de la fiabilité Le succès de cette phase repose sur une dématérialisation rigoureuse des processus. La réduction des délais et l’enregistrement en temps réel ont considérablement amélioré la qualité et la fiabilité des données collectées. Cette dynamique rejoint les efforts de modernisation globale observés à la Commission électorale nationale autonome (Cena), où le numérique devient le pilier de la transparence électorale. La gestion administrative bénéficie également de cette mutation, notamment avec le paiement en ligne des agents via des fichiers numériques sécurisés, assurant une meilleure traçabilité des ressources. Les défis de la généralisation Malgré ces résultats encourageants, les autorités restent conscientes des paliers restant à franchir. La pérennisation de ces acquis nécessite le renforcement des capacités des agents, l’amélioration des infrastructures logistiques et une sensibilisation accrue des populations. En portant le taux d’enregistrement à plus de 75% en seulement six mois, le Bénin démontre le potentiel transformateur de ses réformes numériques. L’objectif est désormais clair : transformer cet essai pilote en un standard national pour offrir à chaque enfant béninois une identité juridique reconnue dès sa naissance. Navigation de l’article Modernisation électorale : La CENA mise sur le numérique pour sécuriser le scrutin L’Équilibre conjugal en débat : La femme, pilier unique ou co-pilote du foyer ?