Dans un entretien exclusif empreint de spiritualité et de pragmatisme, Sylvain Kuassi, thérapeute de l’âme et responsable de l’ONG « La Phé », livre son analyse sur l’investiture du Président Wadagni. – Pour Sylvain Kuassi, le passage de témoin au sommet de l’État ne doit pas être une simple formalité administrative, mais un véritable « retournement de l’être ». Analysant les symboles de l’investiture, notamment les 12 coups de canon, le thérapeute y voit un signe fort : le sacrifice de l’ego pour le service de la nation. Entre appel au consensus national, retour aux sources ancestrales et nécessité d’une « politique de production », il dessine les contours d’un Bénin qui, en sept ans, doit passer du savoir théorique à la connaissance libératrice. Présentez-vous, s’il vous plaît ? Je suis Sylvain KUASSI, thérapeute de l’âme et responsable de l’ONG La Phé. C’est l’ONG de l’espérance ; elle a pour mission d’amener chacun à redécouvrir la profondeur de la sagesse ancestrale désormais oubliée. Monsieur Sylvain Kuassi, Nous sortons d’une période électorale et d’une investiture. Quel regard portez-vous sur ce nouveau départ pour le Bénin ? « Le Bénin est dans la dignité de nos rois. Nous avons eu dix ans de rupture avec le président sortant, le président Talon. Mais à la fin de son mandat, il a lancé le projet du consensus politique. Le consensus nous emmène vraiment à travers nos ancêtres, particulièrement la tradition du Roi Ghézo dont Le désir intense était la jarre pleine. Est-ce qu’aujourd’hui la jarre est restée trouée ? Je pense que quelques divisions s’étaient prononcées. Le défi de l’actuel Président, le Président Wadagni est là : le consensus intérieur avec tous les Béninois, et le consensus à l’extérieur surtout avec les pays de l’AES. Moi, j’ai regardé avec insistances les symboles de l’investiture. On a vu le passage de 21 à 12 coups de canon. Le 12, qui est le nombre qui symbolise le sacrifice, le pendu, le retournement de l’être. Est-ce que le président Wadagni a préféré retourner son ego pour servir ? Si c’est son choix, je dis bravo. En se retournant, la pensée s’élargit. Dans ce cas il n’est plus l’autorité puissante qui impose, mais l’autorité qui a éliminé son ego pour servir. Ainsi Il doit devenir « l’Océan ». L’océan, la fusion des opposés. Il doit réunir les forces en opposition à lui. » Vous attendiez un signal fort dès ce premier jour ? « On n’a pas vu, le dimanche de l’investiture, ce mot de « libération du peuple ». J’attends qu’il dise : « La rupture a duré dix ans, on a arraché les mauvaises herbes, il a eu des grincements de dents de part et d’autres. Maintenant, je suis la mère qui essuie les larmes. Venez tous, j’ai besoin de tout le monde pour reconstruire. » Un vrai monarque ne frappe pas d’en haut ; il descend vers son peuple et aide chacun à grandir. Sa politique doit être basée sur la flexibilité, le pardon et la tolérance envers les citoyens comme envers l’étranger. » On parle beaucoup du Vodoun aujourd’hui comme socle de notre développement. Partagez-vous cette vision ? « Obligatoirement. J’ai une vision que la politique n’a pas encore eue. Moi, quand je dis que le Vodoun est l’essentiel de l’être humain, et j’ai dit que le Vodoun d’après nos ancêtres, le Vodoun est l’inconnaissable. Ce que nous ne connaissons pas qui nous sauve. Et nos ancêtres ont dit : ce qu’on connaît ne sauve jamais. Aujo World book day celebration social media post template urd’hui, on met le Vodoun dans ce qu’on connaît. C’est ce que l’homme fabrique. Le mot juste, c’est le fétiche. Mais le commun des mortels ne veut pas de ce mot. Il ne veut pas qu’on parle de fétiche, ça choque. Je ne sais pas pourquoi ça choque. C’est un mot noble aussi. On crée des fétiches. Les Blancs créent des fétiches. Les lâches chics, les vaisselles, ce sont des fétiches. Les bijoux qu’on porte, la croix, c’est des fétiches. L’Eucharistie, même malgré qu’il y ait une mystique dedans, ça reste ce mot fétiche. Mais ça choque mes compatriotes. Eh bien, si ça vous choque, venez dans le Vodoun qui est la pensée de sublimer l’épée. Donc l’épée que vous avez tous là, dégageons l’épée. Allons vers le caché. Allons vers le génie. » Les Vodounsi qu’on voit aujourd’hui, on doit les développer en faisant quoi ? « C’est des gens qui chevauchent leur conscience. Ils dépassent leur conscience pour ramener quelque chose d’important, de subtil. C’est la révélation du caché. On a besoin du caché, du génie pour construire le monde. On ne va pas rester dans nos prières, dans nos ablutions, dans les accoutrements. Non, je dis non. Ça ne sauvera pas. » En tant que thérapeute de l’âme, si on vous donnait deux minutes en face du Président, tête à tête, quel conseil lui donneriez-vous pour tenir pendant les sept ans? « Sept ans ? Je dirais qu’il soit par la justice, la force de la vérité. La justice, c’est la vérité. La vérité, c’est l’harmonie, l’équilibre. Mais la justice est médicinale. La justice soigne. On est malade au Bénin. La jeunesse est malade. Regardez aujourd’hui, les trois quarts des jeunes sont en prison. La pauvreté rend malade. La pauvreté te pousse à faire toutes les bêtises. Le Président Wadagni doit se projeter plus dans tout ça. C’est la jeunesse d’un pays qui construit le pays. Si la jeunesse est dans les prisons aujourd’hui, dans cinq ans ils vont deviendront quoi ? Nous savons que la prison n’est pas une fin, mais une étape de gestation. On dit de la prison le c’est le ventre de la mère, on se retrouve dans la matrice de la mère pour que la mère vienne t’enseigner pour ne plus y retourner. Mais pour que les jeunes ne retournent pas en prison, on doit leurs enseigner pourquoi ils en prison aujourd’hui. Le président Wadagni doit être juste le médecin de l’âme du peuple particulièrement de la jeunesse. » Aimerez vous donc que président Wadagni transmette les valeurs de nos héros à la jeunesse ? « Oui, ses valeurs à lui ! Les valeurs que son père lui a données. Son père était un travailleur. Nous savons que le président Talon a porté le signe de l’esthétique, du beau, de l’eau, de l’adresse. Il a porté le signe du choix. Il a dit : « Je prends le pouvoir, je vais le bâtir, je vais le transformer. » En dix ans, il a transformé, on a vu. C’est beau. Mais le président Wadagni, lui, il a le caractère de travailleur. Il a l’action dans les veines. Donc la jeunesse doit l’imiter dans le travail. Chaque jeune doit se découvrir dans le Vodoun : qui je suis réellement ? » Vous parlez souvent de la dimension spirituelle du travail, loin des églises… « Prier 24/24 ne t’apportera rien. Non ! C’est là où je ne suis pas dedans. On aide les gens à se construire. Il faut découvrir et travailler sur la pierre vraie, se perfectionner dans le service. Wadagni ne doit pas s’arrêter. Ses amis proches savent que lui il ne se repose pas. Le gars travaille tous les jours. L’autorité ne se repose pas. Il prie dans le travail, dans la vertu. Mais aujourd’hui nous rendons nos églises remplies. Personne ne prie, personne ne veut travailler. Pourquoi ne pas commencer par fermer les églises et autres…. et tout ça ? Pourquoi ne pas imiter le Rwanda ? Imiter la Chine ? Oui ! Fermons-les ! Ça ferait du bien au Bénin. » Sur quelle échelle de grandeur verra-t-on le Bénin dans 7 ans selon vous ? « On verra l’école du Bénin, l’école de la connaissance. Aujourd’hui nous sommes dans la connaissance du savoir, c’est ça le problème, on ne comprend pas les planifications. Pourquoi être dans le savoir, dans le savoir du Blanc. Le Blanc ne t’amène pas au génie. Le savoir, c’est l’enseignement hommous. Tout le monde a la même chose. Nous sommes tous des perroquets, nous répétons, c’est la connaissance populaire qu’on impose et le résultat c’est l’IA. L’IA c’est 3 milliards de savoir mémoriser. Aujourd’hui même l’école, les masters qu’on fait aujourd’hui, pour moi c’est inutile pour les enfants. Prends ta fille aujourd’hui qui fait la couture. Au lieu de payer 3 ans de formation à 700 000 francs CFA, du pur vol purement d’ailleurs, et après pour payer la machine tu n’as pas l’argent. Grace à l’IA aujourd’hui on forme en couture en 2 mois. Elle a les formats, elle a les coupes, donc avec une machine, les outils, l’IA, elle va apprendre. Qu’est-ce qu’on fait ? On paye 3 ans quelque part, on sort puis bon, on va vendre des tomates au marché, ou bien on va vendre l’assurance? Certains font 4 ans de formation et après on les paye 60 000 francs par mois. Ce n’est pas possible ! Le Bénin doit inciter sa jeunesse à l’entrepreneuriat et au commerce afin de libérer son génie créateur. C’est à ce prix qu’il deviendra, d’ici sept ans, une véritable école de la connaissance et non plus une simple école du savoir théorique. » Vous parlez de nos ancêtres comme détenteurs d’un génie que l’Occident aurait détourné ? « L’Occident n’a pas trompé. Son génie se trouve dans les principes de l’éducation catholique. La religion catholique est d’abord une religion païenne à l’origine. Le Christ c’est le païen. Quand on parle du Christ on parle du Soleil. Nos ancêtres n’ont pas de religion. Non ! C’est ça le malheur des panafricanistes. L’Afrique d’origine d’Égypte n’a pas de religion. C’est le mysticisme, c’est la mystique qui permet à l’homme de communiquer avec son Dieu. Moïse, l’enfant noir de l’Égypte a parlé avec son Dieu dans le mont Sinaï. Dieu permet de communiquer avec lui, le Fa nous permet d’interroger la Divinité. Salomon a dit : « Allez d’abord à la sagesse connaître votre étoile, après invoquez-le ». Moi je suis choqué. Peut-être je ne suis pas du temps. Comme me disait ma femme, elle me dit « tu es autiste ». C’est vrai je suis autiste. Le président Wadagni aussi je soupçonne qu’il est un peu autiste comme moi. Oui ! Mais quand tu le vois, il a tous les tics d’un homme autiste. C’est vrai ! Les autistes sont intelligents. Il suffit qu’on leur impose une discipline qu’ils acceptent. Moi on m’a imposé une discipline que j’ai acceptée tout seul. En tant qu’autiste je n’aime pas écouter les autres. Je n’aime pas aller à l’école des maîtres. Je disais non ils sont cons. Moi je voyais les professeurs, les directeurs tarés à l’époque. Nos aïeux consultaient systématiquement leurs génies dans chacun de leurs actes. Si l’Occident a cherché à détourner cette pratique par le biais des religions, il n’a jamais réussi à l’effacer. » Quel exercice spirituel proposez-vous aux citoyens pour accompagner ce mandat ? « Il faut d’abord que le président nous appelle à croire en nous. Qu’il dise à la population : « Une parole sincère, venez m’aider. Venez m’aider à accomplir ce travail pour nous tous, participez à la construction du Bénin nouveau ». C’est ça l’agenda. Tu fais du taxi tu dois t’améliorer. Chacun doit croire à ce qu’il fait. Mais quand tu vois les hauts fonctionnaires aujourd’hui… pourquoi tu penses que tu dois détourner, voler l’argent ? Ça c’est une injustice. Quand tu vois le petit pour un délit mineur, il est en prison. Non, je dis non ! Il faut eviter tout ça. C’est en ça que la justice est médicinale. » L’autorité doit donc descendre vers le peuple ? « Imaginez la mère pélican et les oisillons. La mère met ce qu’elle veut dans leurs bouches. Ces oisillons, je suis d’accord, mais ceux qui ne sont pas encore dans ce cercle, qui sont éloignés, mangeront quoi? que des maniocs sans rien. L’autorité doit descendre bas, veiller à chaque Béninois. Il faut leur apprendre maintenant à transformer leurs diplômes en technicité pour travailler, pour créer quelque chose, et les accompagner. Je suppose que si Talon lui a confié le pouvoir, Talon a vu la compétence. Le président Wadagni, en tant qu’expert-comptable, il a su comment ramener les fonds, comment capitaliser nos impôts. On ne fait pas des prêts pour rien, il faut apporter quelque chose de sécurisé. Ce modèle-là, il doit l’amener vers la jeunesse. Moi je veux la politique de la production. Pour que les citoyens deviennent des producteurs. Chaque citoyen. C’est la seule souveraineté. Quand le peuple est producteur il devient souverain. Quand on parle de production ce n’est pas que le paysan, non. Chacun doit être producteur de ses propres services. C’est la vraie politique ça. Descendre vers le peuple pour l’amener vers la culture de la production. » Nous sommes au terme de notre entretien. Vous avez un dernier mot ? « Croyez en vous. Le Président doit appeler la population en disant : « Venez m’aider à accomplir ce travail pour nous tous ». Le travail est là, il est immense et il n’est pas facile. Beaucoup de courage et félicitations à lui. » Merci à vous. Navigation de l’article Psychose à Agla : un serpent géant signalé dans les bas-fonds, les autorités interpellées