Considéré comme un discours ou un écrit solennel destiné à faire l’éloge public et enthousiaste d’une personne, d’une institution ou d’une œuvre, le panégyrique revêt une importance capitale en Afrique. Au Bénin, chaque ethnie et chaque lignée se reconnaissent et s’identifient grâce à ces paroles de louange ancestrales. Rencontrés dans la ville de Cotonou, plusieurs citoyens partagent leur compréhension et l’importance de ce trésor immatériel. La rédaction a recueilli leurs propos. Bien plus qu’une simple succession de rimes ou de flatteries, le panégyrique clanique (« Akô», « O ríki » ou « Hwèndo tò níkà » selon les régions du Bénin) est le cordon ombilical qui relie le Béninois à ses ancêtres. Véritable carte d’identité sonore, il traverse les âges pour rappeler aux vivants la grandeur, les interdits et les victoires de leur lignée. Dans le tumulte urbain de Cotonou, ce patrimoine immatériel conserve toute sa résonance, comme World book day celebration social media post template en témoignent les citoyens interrogés. Une boussole identitaire et un repère généalogique Pour de nombreux Cotonois, le panégyrique est d’abord le dictionnaire de l’histoire familiale. Il permet de savoir exactement d’où l’on vient pour mieux savoir où l’on va. Marleine Sèkloka , résidant à Fidjrossè : « Pour moi, le panégyrique est une formule magique qui réveille la conscience. Quand on me décline mon panégyrique, je me sens investi de la force de mes ancêtres. Cela m’empêche de commettre certains actes indignes de mon nom. » » Cette fonction de régulateur social et de gardien de la mémoire est partagée par d’autres usagers de la capitale économique, qui y voient un outil de préservation contre l’acculturation. Maman Nadi, rencontré au marché Dantokpa : « Chaque ethnie au Bénin a ses mots précis. C’est notre vraie pièce d’identité. Aujourd’hui, nos enfants oublient nos langues, mais quand on leur apprend leur panégyrique, ils se reconnectent immédiatement à leur culture et à leurs racines. » Un puissant vecteur de guérison et de motivation Au-delà de l’aspect purement historique, le panégyrique possède une dimension thérapeutique et psychologique insoupçonnée. En Afrique, chanter les louanges d’un individu en déclinant les hauts faits de sa collectivité est un remède contre le découragement et un catalyseur d’énergie. Michel Ganssinou, cadre administratif à Cadjèhoun : « Dans la tradition africaine, le panégyrique apaise les tensions. Quand un enfant est en colère ou qu’un adulte traverse une mauvaise passe, ces paroles de louange ont le pouvoir de calmer l’esprit et de redonner de la dignité. C’est un baume pour l’âme. » » En somme, qu’il soit récité lors des grandes cérémonies traditionnelles, des mariages ou simplement pour saluer un proche au quotidien, le panégyrique reste le ciment de la cohésion sociale au Bénin. À une époque où la mondialisation tend à uniformiser les cultures, ce joyau oral s’impose comme le rempart ultime pour la sauvegarde de la dignité et de la singularité des peuples d’Afrique. Navigation de l’article CEP 2026 : Au cœur du « marathon de la tendresse » des parents de candidats