À la veille de la Journée internationale des droits des femmes, la présidente de l’Institut National de la Femme (INF), Maître Huguette Bokpè Gnacadja, était l’invitée de l’émission « Politiquement Féminin » sur ESAE TV ce samedi 7 mars 2026. Entre bilan des avancées et analyse des défis persistants, l’avocate a plaidé pour une célébration qui transcende l’aspect festif afin de s’ancrer dans une transformation sociétale profonde et durable.

L’heure n’est plus uniquement aux réjouissances, mais à la responsabilité. Face aux journalistes Tatiana Ahanda Jemea et Billie Laibi, la présidente de l’INF a d’emblée clarifié sa perception de cette date symbolique. Pour elle, le 08 mars ne doit pas être réduit à une simple parade. « Ça dépend du contenu qu’on lui donne ça dépend aussi de la perception que l’on a du 8 mars », a-t-elle affirmé, précisant que c’est avant tout une occasion de renouveler les engagements en faveur de la dignité et de l’autonomie des femmes.

Interrogée sur l’évolution de la condition féminine au Bénin, Maître Huguette Bokpè Gnacadja se veut optimiste mais lucide. Elle note que « le mur du silence est brisé » et que les femmes osent désormais porter devant les structures compétentes des situations autrefois confinées au cercle domestique. Cette visibilité accrue est portée par six piliers fondamentaux qu’elle a énumérés comme étant le cœur du combat actuel : la dignité, l’égalité, la justice, l’autonomie, la résilience et le leadership.

L’Institut National de la Femme, qu’elle qualifie de « jeune adulte » ayant acquis une crédibilité internationale, se positionne comme le bras opérationnel de cette mutation. Au-delà de l’assistance juridique gratuite pour les plus vulnérables, l’institution mise cette année sur l’évaluation et l’adaptation aux nouveaux défis, notamment ceux liés à la digitalisation. La présidente a d’ailleurs annoncé une série d’actions concrètes, incluant une campagne digitale de sensibilisation et le renforcement des capacités au sein de l’administration publique.

Malgré ces progrès, des « poches de résistance » subsistent, particulièrement dans la sphère politique où la représentativité féminine au niveau local reste un défi. Pour y remédier, l’invitée suggère de réfléchir à des « mesures temporaires spéciales » afin de booster la présence des femmes dans les instances de décision à la base. En conclusion, Maître Huguette Bokpè Gnacadja a réitéré que la lutte pour l’égalité est une œuvre collective, impliquant une collaboration étroite avec les chefs traditionnels, les leaders religieux et, de plus en plus, des alliés masculins engagés.