L’émission « Politiquement Féminin » a braqué les projecteurs sur la place des femmes dans l’arène politique béninoise, un enjeu stratégique en vue des élections générales de 2026. Invitée sur esaetv.bj, Yvette Adouké TAYEWO, Coordonnatrice de l’OJBR pour la 6ᵉ circonscription électorale, a plaidé pour une participation féminine basée sur l’excellence, l’autonomie et la résilience. Elle a rappelé la directive de son parti, le Bloc Républicain (BR), exigeant un minimum de 30 % de femmes sur les listes électorales et a analysé les principaux freins à l’ascension des femmes. Une bataille contre les freins socioculturels Membre du Bloc Républicain et assistante parlementaire de l’Honorable Chanou Sofiat Arona, Yvette Adouké Tayewo a reconnu la persistance de l’engagement politique des femmes. Elle a notamment désigné les « réalités socioculturelles » comme un obstacle majeur, citant le cas de conjoint qui peut exiger de son épouse qu’elle « laisse la formation et le l’environnement politique ». Pour elle, la femme africaine est formatée pour être la mère porteuse de son foyer, mais pas nécessairement pour siéger à la table des décisions politiques. L’ANIP insiste d’ailleurs sur le besoin de « reformatage » de l’éducation pour que la femme comprenne qu’elle a « autant le droit qu’un homme de participer à la chose politique ». Afin de contrer cette tendance, l’ANIP a souligné la nécessité d’impliquer les hommes : « il y a des programmes qui aujourd’hui non seulement accompagne les femmes mais disent à leurs conjoints ‘Venez lors des formations' ». La quête de l’autonomie et du leadership L’invitée a fermement insisté sur l’importance de la compétence et de la stabilité financière pour les femmes qui aspirent à des postes électifs. Elle a exhorté les femmes à « cultiver l’excellence », car il faut « avoir les arguments nécessaires » et « être incontestablement reconnu dans ta localité sur le terrain » pour que le parti ne puisse pas faire sans vous. Concernant les moyens, elle a affirmé que « la stabilité financière » est une réalité de la politique africaine : « il faut de l’argent pour mener les activités sur le terrain ». L’argent n’est pas nécessaire pour le simple militantisme, mais il l’est pour renforcer le leadership personnel, car le parti n’est « pas censé financer vos activités personnelles ». Tout en reconnaissant que l’arène politique est une « arène de lion », elle a souligné que le leadership féminin est généralement plus « inclusif » et « empathique » que celui des hommes. Les progrès réalisés Mme Tayewo a salué la mesure du gouvernement qui a permis de faire passer la représentativité féminine à 26,6 % (29 femmes députées) au Parlement, grâce à une « aide » qui a facilité l’ascension des femmes. Elle a également mis en avant les efforts du Bloc Républicain pour la cause féminine, citant l’Organisation des Femmes Républicaines (OFR) et le fait que le BR a été le seul parti à positionner « quatre femmes têtes de liste dans différentes circonscriptions électorales » lors des législatives passées. Elle a conclu en affirmant que les femmes doivent être en première ligne pour 2026 car « qui peut mieux défendre les besoins des femmes que les femmes ». Navigation de l’article « Cotonou Comedy Festival » : Bénin carrefour du rire panafricain Crise chez Les Démocrates : Que cache le mutisme des hauts responsables face à la fronde ?