Le parti d’opposition « Les Démocrates », dirigé par l’ancien Président Boni Yayi, traverse une crise sans précédent qui a culminé la semaine dernière avec la démission de six députés et d’un responsable clé, Patrick Djivoh. Au cœur de cette fronde se trouve la gestion du président du parti et le choix du candidat à la présidentielle de 2026, Renaud Agbodjo. Face aux démissions en cascade et aux accusations publiques, le 1ᵉʳ vice-président du parti, Éric Houndeté, a choisi l’omerta, suscitant de nombreuses interrogations quant aux raisons de son mutisme.

 

Houndeté, l’enjeu du conflit

 

Le silence d’Éric Houndeté contraste fortement avec les prises de parole des démissionnaires, et est d’autant plus significatif qu’il est l’objet central du conflit.

Selon plusieurs partants, dont Patrick Djivoh, M. Houndeté était le « candidat naturel du parti » pour l’élection présidentielle de 2026. La désignation de Renaud Agbodjo est ainsi perçue comme le « couronnement d’un malaise dans la gestion démocratique du parti » et la source du « ras-le-bol » qui a conduit à ces départs. Les démissionnaires ont donc justifié leur acte en prenant fait et cause pour le 1ᵉʳ vice-président.

L’unique intervention publique d’Éric Houndeté mentionnée fut son « adresse à Michel Sodjinou afin d’amener ce dernier à remettre son parrainage au parti ». Depuis lors, face à la gravité de la crise (qui a vu partir notamment Michel Sodjinou, Constant Nahum, Joël Godonou, en plus des autres élus), il « a gardé un silence légendaire » et « laisse ainsi pourrir la situation au sein de son parti ».

 

Le mutisme des hauts responsables

 

Le Président du parti, Dr Boni Yayi, est également cité parmi les responsables qui ont cessé de s’exprimer publiquement. Son silence s’est installé après l’annonce de sa « retraite sanitaire » suite au compte rendu de sa rencontre avec le Président Patrice Talon.

Le mutisme d’Éric Houndeté, combiné à celui de Boni Yayi, suggère que « les hauts responsables de ce parti caché quelque chose aux militants ». Cette absence de communication de la part des deux figures principales du parti laisse les militants « désorientés » et alimente les spéculations sur la nature profonde de la crise qui secoue « Les Démocrates ».