La perspective d’une révision de la Constitution béninoise a déclenché une vague de rumeurs sur les réseaux sociaux, rendant difficile la distinction entre les faits et la désinformation. Une fausse nouvelle en particulier, concernant la « supposée adoption de la désignation des membres du Sénat en création », a largement circulé ce week-end. Face à l’inquiétude que soulève cette modification de la Loi fondamentale, il est nécessaire de rétablir les faits sur l’état d’avancement du dossier au Parlement.

 

La procédure parlementaire ignorée par les rumeurs

 

Malgré l’ampleur de la diffusion sur les réseaux sociaux, nos recoupements confirment qu’il ne s’agit que d’une « intoxication ». L’information d’une adoption relève d’une « invention grotesque dans un dessein que seuls les initiateurs connaissent ».

La proposition de loi portant modification de la Constitution béninoise, qui est à l’origine de cette agitation, a été affectée le vendredi dernier à la Commission des lois et des droits de l’homme de l’Assemblée Nationale.

Le processus législatif rend l’adoption annoncée impossible :

  • Travail en Commission : Le texte doit d’abord être examiné, amendé et faire l’objet d’un rapport au sein de la Commission des lois.
  • Vote en Plénière : Ce n’est qu’après le dépôt du rapport que la proposition de loi peut être discutée et votée en séance plénière.

Or, « il est impossible du vendredi à dimanche que cette commission se réunisse adopte son rapport et que la proposition puisse passer en plénière ». Il est d’ailleurs noté que « du vendredi à dimanche, la plénière ne s’est pas tenue ».

Le dossier est donc « toujours sur la table de la commission des lois », et non adopté. Cette situation démontre l’importance, face à la révision de la Constitution, de « faire beaucoup attention pour ne pas se laisser entuber la désinformation ».