La région frontalière du Tchologo, dans le nord de la Côte d’Ivoire, enregistre un nouvel afflux de réfugiés maliens ces derniers jours. Les familles, majoritairement composées de femmes et d’enfants, fuient les affrontements qui opposent les terroristes du Jnim aux chasseurs traditionnels Dozos dans le sud du Mali, notamment autour de Loulouni. Les autorités ivoiriennes et les communautés locales s’organisent face à l’urgence, alors que l’aide humanitaire se met en place.

L’insécurité persistante au Mali, particulièrement dans la zone sud, pousse de nouvelles populations à chercher asile dans le pays voisin. Des combats récents à Loulouni, situé à une cinquantaine de kilomètres de la frontière ivoirienne, ont provoqué le déplacement de plusieurs centaines de personnes vers le nord de la Côte d’Ivoire.

Cet afflux de réfugiés est principalement concentré dans la région du Tchologo. Les opérations de recensement n’en sont qu’à leurs débuts, rendant l’évaluation précise de l’ampleur du mouvement difficile pour l’instant, selon un humanitaire sur place. Toutefois, la localité frontalière de Pogo a déjà vu arriver plus de 200 personnes en l’espace de quelques jours, principalement des femmes et des enfants désemparés.

Face à l’arrivée massive et rapide de ces familles, l’organisation est complexe pour les communautés d’accueil dont les moyens sont limités. Un leader de la jeunesse à Pogo a témoigné de la situation tendue :

« Le village leur a donné quelques sacs de riz avec un peu d’argent. Mais ce n’est pas suffisant. Côté hébergement, c’est compliqué, le village est débordé actuellement. Certains sont logés dans de petites maisonnettes, d’autres dorment à la belle étoile. Heureusement, c’est la saison sèche, il n’y a pas encore de pluie. Mais vraiment, c’est difficile. »

La situation sécuritaire aux frontières nord ivoiriennes est prise très au sérieux par les autorités. Le dernier Conseil national de sécurité a réagi en ordonnant l’enregistrement immédiat des demandeurs d’asile et a demandé au chef d’état-major général des armées de renforcer la surveillance et la sécurité dans cette zone frontalière sensible.

Cette crise survient alors que la Côte d’Ivoire est déjà un pays hôte important pour les populations fuyant les violences dans la sous-région. Le HCR estime que le pays accueille déjà près de 70 000 demandeurs d’asiles, la majorité étant originaire du Burkina Faso, également en proie aux attaques terroristes. Bien que deux sites d’accueil aient été aménagés par les autorités, la majeure partie de ces réfugiés est prise en charge par des familles hôtes, accentuant la pression sur les ressources locales.

Un espoir se profile avec l’action de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui a récemment annoncé le lancement d’un programme d’assistance humanitaire. Ce programme, destiné aux demandeurs d’asile, aux réfugiés et aux communautés hôtes, est soutenu par une enveloppe d’un million de dollars mobilisée pour répondre à l’urgence.