Une enquête rigoureuse de la Police républicaine a mis au jour un réseau d’extorsion ciblant les indemnités des enseignants. Huit responsables de la Direction des Examens et Concours sont poursuivis par la justice.

Rendue publique ce vendredi par le porte-parole de la Police républicaine, le commissaire Éric Orou Yérima, cette affaire met en lumière des pratiques frauduleuses au sein de l’administration éducative. Les faits ont été révélés après la clôture des épreuves du Certificat d’études primaires (CEP) 2026, à la suite de signalements d’enseignants dénonçant des prélèvements illicites assortis de menaces d’affectations punitives.

Un système bien rodé d’extorsion financière

Selon les précisions fournies par les autorités policières, le dispositif reposait sur la répartition arbitraire des notes de service d’encadrement. Dix chefs de service de la DEC s’attribuaient des quotas de superviseurs afin d’y inscrire des proches, y compris des personnes externes au système éducatif.

Le préjudice financier identifié porte sur le montant des indemnités légales : sur une allocation officielle fixée à $200\ 000\text{ FCFA}$ par agent, des retenues indues atteignant jusqu’à $160\ 000\text{ FCFA}$ étaient appliquées, ne laissant que $40\ 000\text{ FCFA}$ à certains ayants droit. L’enquête établit que ce système, principalement opéré au niveau du secrétariat de la direction avec des complicités internes, fonctionnait depuis plusieurs années en s’appuyant sur la crainte de représailles administratives.

Octobre de comptes devant la CRIET

La procédure judiciaire suit son cours devant le parquet spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) afin de qualifier l’ensemble des responsabilités administratives et financières. Présentées devant le procureur spécial, huit personnes physiques sont désormais poursuivies : l’une d’entre elles a été placée sous mandat de dépôt en détention provisoire, tandis que les sept autres sont poursuivies sans mandat de dépôt. L’instruction judiciaire devra déterminer la durée exacte de ces pratiques et établir l’évaluation globale des sommes détournées.