Devant plusieurs dizaines de milliers de partisans rassemblés au stade Léopold-Sédar-Senghor de Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a livré, samedi 8 novembre, une démonstration de force politique. Ce grand meeting, baptisé Terra meeting, visait à réaffirmer la cohésion du parti au pouvoir, le PASTEF, dans un contexte de tensions économiques et sociales.

 

À Dakar, le stade Léopold-Sédar-Senghor a vibré, samedi 8 novembre, au rythme des slogans et chants patriotiques des militants du PASTEF. Des centaines de bus venus de tout le Sénégal ont déversé, dès le matin, une foule compacte et enthousiaste venue soutenir le Premier ministre Ousmane Sonko, président du parti.
Un manifestant confie : « On a pris la décision de rassembler encore tous les Patriotes pour montrer la force du PASTEF parce que beaucoup de gens disent que la jeunesse a délaissé Sonko, mais ce n’est pas vrai. »

Baptisé Terra meeting, ce rassemblement visait à démontrer la solidité et la popularité du mouvement un an et demi après son arrivée au pouvoir. Pour Ousmane Sonko, il s’agissait aussi de resserrer les rangs d’un parti confronté à une grogne sociale croissante et à des rumeurs de division au sommet de l’État.

Sur la scène dressée au centre du stade, le Premier ministre a livré un discours offensif, ponctué de piques contre l’ancien président Macky Sall, qu’il a accusé de « haute trahison » dans l’affaire de la « dette cachée ». Sonko est allé plus loin en appelant à la dissolution de l’Alliance pour la République (APR), l’ancien parti au pouvoir de Macky Sall.

Face aux critiques sur la situation économique du pays, il a reconnu les difficultés actuelles, tout en exhortant la population à la patience : il a assuré que son plan de redressement constituait la clé du changement durable.

En réponse aux rumeurs persistantes de dissensions avec le président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a tenu à rassurer : il a balayé toute idée de conflit et réaffirmé l’unité du duo exécutif. « L’unité est notre force », a-t-il martelé sous les ovations de la foule.

Pour ses partisans, cette mobilisation marque le signe d’un soutien populaire toujours fort, malgré les défis. Pour ses détracteurs, elle illustre surtout la volonté du Premier ministre de consolider son assise politique dans un contexte économique tendu.

 

Fifamey RAS