Le parti d’opposition Les Démocrates réclame l’annulation pure et simple de la révision de la Constitution béninoise, votée par l’Assemblée nationale le 15 novembre. Le parti dénonce une « tricherie » de haut niveau, pointant des irrégularités de procédure, notamment des coupures de courant suspectes lors du scrutin secret, ainsi que des modifications non annoncées, comme l’allongement à sept ans des mandats électifs.

Le vote de la révision constitutionnelle à l’Assemblée nationale du Bénin suscite une vive contestation de la part du parti d’opposition Les Démocrates. La formation politique a convoqué une conférence de presse pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « tricherie si abominable » et exiger que le scrutin soit « purement et simplement annulé ».

L’opposition fonde sa requête sur deux séries d’irrégularités.

1. Irrégularités de procédure et « coupure d’électricité »

 

Le parti Les Démocrates dénonce avec force les conditions dans lesquelles le vote pour l’adoption de la Constitution a eu lieu, notamment l’utilisation du bulletin secret et les incidents survenus en pleine séance. Un représentant du parti a souligné :

« Lors de ce vote les scrutateurs il faut que je les nomme ici c’est l’honorable Avan Bla Augustin et l’honorable Sopiatou Tanou tous de la majorité présidentielle parlementaire si vous voulez donc ce sont les deux scrutateurs ceux qui étaient appelés alors à organiser cette élection là alors lors du vote je peux vous assurer ici que les 22 députés ont voté non ».

Alors que le vote devait aboutir à 87 oui et 22 non, le processus a été interrompu.

« Comme par enchantement il y a eu une coupure d’électricité qui est venue arrêter le processus. ».

Selon le représentant, une seconde coupure est survenue au moment du décompte. Ces incidents, survenus devant le ministre de la justice et le président de l’Assemblée nationale, auraient permis des « manœuvres » dans l’obscurité, rendant le scrutin non crédible.

2. Modifications substantielles et non annoncées

 

Le parti conteste également le fond du texte adopté. La proposition initiale portait spécifiquement sur l’institution du Sénat. Or, le vote a finalement entériné des changements majeurs, ce qui « n’était pas dans la mouture initiale ».

« Nous sommes partis sur l’institution du SDA de cette institution il y a eu des amendements d’accord qui ont conduit au changement du mandat de 5 ans à 7 ans pour les présidentiels d’abord ensuite pour les législ pour les législatives et pour les municipales et les communales. ».

Le parti affirme que le contenu final du texte demeure flou, déplorant que « nous n’avons eu droit qu’au premier rapport les autres nous ne les avons pas ». Pour l’opposition, cette absence de clarté est d’une gravité extrême, car une constitution est le fondement du « vivre ensemble ».

Le parti Les Démocrates exige donc, « pour le bien de ce pays », que le vote soit annulé, faute de quoi les générations futures retiendront un exemple de « tricherie » au plus haut niveau de l’État.