Douze mois après son accession au pouvoir, le successeur de Nana Akufo-Addo a radicalement réorienté la boussole diplomatique du Ghana. Entre un rapprochement stratégique avec les régimes militaires du Sahel et une renégociation tendue avec Washington, Accra tente d’imposer une nouvelle doctrine de « médiateur souverain » dans une sous-région en pleine mutation. Le pari de l’ouverture vers l’Alliance des États du Sahel Dès son investiture, marquée par la présence symbolique du capitaine Ibrahim Traoré, John Dramani Mahama a affiché sa volonté de rompre avec la ligne de confrontation de l’administration précédente. En nommant un envoyé spécial dédié et en effectuant une tournée marathon à Bamako, Niamey et Ouagadougou en mars 2025, le président ghanéen a positionné son pays comme le « pont » indispensable entre l’Alliance des États du Sahel (AES) et la Cédéao. Bien que la réintégration de ces trois pays au sein du bloc régional reste au point mort, l’influence d’Accra s’est accrue. Pour les analystes, cette médiation proactive ne vise pas seulement la stabilité régionale, mais cherche à faire du Ghana l’intermédiaire privilégié dans un espace où les canaux de communication étaient jusque-là rompus. Ce chantier colossal devrait rester la « priorité du Ghana pour 2026 ». Washington : Une lune de miel sous condition Sur le front transatlantique, le bilan de l’an I est plus nuancé. L’administration Mahama a réussi un coup d’éclat diplomatique en obtenant la levée des restrictions sur les visas américains, un privilège rare sur le continent. Cependant, ce succès a un prix : la signature d’un « accord migratoire controversé » qui suscite des remous dans l’opinion publique nationale. Ce rapprochement avec les États-Unis entre toutefois dans une zone de turbulences. La récente condamnation par le Ghana de l’opération militaire américaine au Venezuela jette un froid sur les dossiers économiques brûlants. Les négociations concernant l’exemption des tarifs douaniers et le maintien du Ghana au sein de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act) pourraient pâtir de cette prise de position souverainiste. Une souveraineté à l’épreuve des faits Le défi pour la deuxième année de mandat sera de maintenir cet équilibre précaire. Mahama doit prouver que son rapprochement avec l’AES n’isole pas le Ghana de ses partenaires occidentaux traditionnels. Alors que les enjeux économiques se resserrent, la capacité du président à transformer ses succès diplomatiques en retombées concrètes pour la population ghanéenne sera le véritable indicateur de la réussite de sa politique de rupture. Navigation de l’article CAN 2025 : Des quarts de finale au sommet d’une intensité historique Identité des électeurs : Le Ministre Alassane Seidou fixe la liste des pièces autorisées