Autrefois espaces de partage et de convivialité, les réseaux sociaux sont de plus en plus le théâtre d’une pratique aux conséquences dévastatrices : le déballage de « dossiers » compromettants. Entre règlements de comptes personnels et désir de vengeance, la diffusion de contenus privés est devenue une arme redoutable pour briser des réputations. Dans les rues de Cotonou, les citoyens s’interrogent avec inquiétude sur les motivations de cette tendance qui bafoue l’intimité humaine.

La Toile béninoise ne dort jamais, mais elle est parfois cruelle. En quelques clics, l’honneur d’un individu peut être jeté en pâture à une audience de milliers d’internautes, alimentant une machine à scandales qui semble ne plus avoir de limites. « Devenue désormais une tradition sur les réseaux sociaux, plusieurs sont ces personnes qui sans contraintes ni retenus se pe

rmettent de diffuser des informations confidentielles sur des individus. » Ce constat, partagé par de nombreux observateurs, souligne une érosion inquiétante du respect de la vie privée.

La panoplie des outils utilisés pour ces attaques numériques est aussi variée qu’efficace. Rien n’échappe à la vigilance malveillante de ceux qui cherchent à discréditer leurs semblables. « Vieux messages, audios, vidéos et capture sont utilisés au fin de nuire à ce dernier. » Ce qui était hier une confidence partagée dans l’intimité devient aujourd’hui une pièce à conviction dans un procès public sans juge ni avocat, où la victime se retrouve isolée face à la vindicte populaire.

Face à cette recrudescence de la malveillance digitale, une question fondamentale demeure en suspens et hante les débats citoyens. « L’on se demande ce qui peut amener quelqu’un à poser cet acte ? » Pour beaucoup, il s’agit d’une quête de visibilité, d’un besoin de pouvoir ou d’une simple méconnaissance des sanctions juridiques prévues par le Code du numérique.

Pour mieux comprendre les ressorts de ce phénomène qui fragilise le tissu social, la parole a été donnée à la population de la capitale économique. « Des citoyens rencontrer dans la ville de Cotonou donnent leurs avis. Ils sont au micro. » Leurs témoignages, oscillant entre indignation et appel à la responsabilité, dessinent les contours d’une nécessaire prise de conscience collective pour que le numérique redevienne un outil de progrès et non une arme de destruction sociale.