Entre rationalité occidentale et sagesse ésotérique du golfe du Bénin, l’initié clarifie les concepts de l’âme, de l’esprit et du destin. Pour lui, la reconnexion à notre « étincelle divine » est l’unique chemin vers une vie en harmonie.

Dans un monde où la science cartésienne peine à expliquer l’immatériel, Sylvain Kuassi invite à un retour aux sources de la connaissance. Selon lui, la confusion entre les fonctions organiques et les réalités spirituelles égare l’homme moderne. L’âme, loin d’être une simple composante biologique, serait le lien sacré qui nous unit à l’éternité.

La distinction entre l’organique et le divin Pour l’intervenant, l’Occident a fait une erreur fondamentale en tentant de rationaliser le sacré. Il insiste sur la nécessité de distinguer ce qui est périssable de ce qui est immortel. « Le sang est organique. L’âme n’est pas organique », tranche-t-il, rappelant que si la science peut analyser le sang en laboratoire, elle reste impuissante face à l’âme, qu’il nomme le Lidon dans la tradition de la côte ouest-africaine.

Cette distinction s’étend également à la conscience et à l’esprit. Kuassi précise que ce que nous appelons l’Esprit Saint est en réalité « le divin en nous », cette « étincelle de Dieu en chacun de nous » que les traditions ésotériques de Tado et la Kabbale désignent par des termes différents mais pour une réalité identique.

Vaudou et fétichisme : le grand malentendu L’un des points forts de son intervention concerne la nature du Vaudou, trop souvent réduit à ses manifestations matérielles. Sylvain Kuassi rejette fermement l’amalgame entre foi et fétichisme. « Le vaudou n’est pas le fétichisme », affirme-t-il avec force. Il décrit le fétichisme comme une création humaine, un « condensateur fluidique » sans conscience propre qui, au final, « ne sauve personne ». Le véritable Vaudou, en revanche, serait la conversation directe avec l’Inconnaissable, le divin suprême.

Le destin et l’Oracle L’article souligne également l’importance du destin, conçu non comme une fatalité, mais comme une loi d’équilibre et d’harmonie. Kuassi exhorte chaque individu à chercher son « étoile de destin » dès la naissance, à l’image de la démarche attribuée à Salomon. Il déplore que l’éducation moderne et la foule étouffent cette quête personnelle.

« L’oracle est le soleil qui ne meurt jamais, qui ne périt jamais », explique-t-il, plaidant pour une consultation du Fa afin de comprendre sa propre programmation cosmique. Pour conclure, Sylvain Kuassi invite à une réconciliation entre la raison et la foi. Selon lui, l’homme doit transcender son ego, qu’il compare à une bête à dompter, pour laisser place à la pensée divine, seule part de nous-mêmes qui ne connaît pas la mort.