Au lendemain du double scrutin de dimanche, le Bénin entre dans une phase de calculs intenses. Avec l’augmentation du nombre de députés à 109, la configuration de la 10ème législature se dessine dans les coulisses de la Commission Électorale, où chaque suffrage pèsera lourd dans la distribution des sièges par circonscription.

Le silence qui a succédé à l’effervescence des bureaux de vote ce 11 janvier 2026 laisse place à la bataille des chiffres. Alors que la Cour constitutionnelle s’apprête à livrer son verdict d’ici jeudi, les états-majors politiques scrutent avec anxiété la répartition des 109 sièges en jeu, une première dans l’histoire parlementaire récente du pays.

Un passage à 109 députés sous haute tension

La réforme du système partisan a porté le nombre d’élus de 83 à 109, un changement qui modifie radicalement les équilibres au sein des 24 circonscriptions électorales. En coulisses, cette redistribution est le fruit d’une équation complexe visant à allier représentativité démographique et inclusion politique. L’enjeu est de taille : obtenir la majorité absolue, fixée désormais à 55 sièges, pour contrôler l’hémicycle et influencer les futures réformes institutionnelles.

Les 24 sièges féminins : L’arbitrage décisif

Au cœur de cette répartition, les 24 sièges exclusivement réservés aux femmes (un par circonscription) constituent le pivot de la nouvelle Assemblée. Cette disposition impose un nouveau visage au parlement béninois. Selon les premières tendances relevées par les observateurs de la société civile, la bataille pour ces sièges « spéciaux » a été particulièrement âpre dans les zones urbaines comme le Littoral et l’Atlantique, où le taux de participation a connu des fluctuations notables.

La stratégie des circonscriptions clés

La répartition des sièges s’appuie sur le poids électoral de chaque zone. Dans les coulisses de la compilation, les partis de la mouvance et de l’opposition se livrent une guerre de positionnement dans les circonscriptions les plus pourvues. La plateforme électorale des OSC a d’ailleurs noté « d’importants écarts de participation selon les départements », ce qui pourrait favoriser certaines formations au détriment d’autres dans le calcul du quotient électoral.

L’attente d’un verdict transparent

Alors que les experts de la CEMAC ont salué un scrutin globalement transparent, la société civile appelle à la vigilance sur l’affichage des résultats de compilation au niveau des arrondissements. La manière dont les 109 sièges seront finalement attribués déterminera non seulement la couleur politique du prochain parlement, mais aussi la capacité des institutions à apaiser les crispations nées des récentes réformes électorales.

Le pays reste suspendu aux chiffres officiels de la CENA et de la Cour constitutionnelle, qui transformeront ces projections de coulisses en une réalité politique concrète pour les sept prochaines années.