Installée à la Maison de la culture de Ouidah, l’œuvre immersive « Kancícà » propose un voyage sensible entre l’Afrique et le Brésil. Entre cinéma, technologies et histoire, cette installation invite à repenser les héritages et les silences autour de la figure emblématique de la reine-mère Na Agontimé. C’est une expérience totale, à la lisière du réel et de l’imaginaire, qui accueille désormais les visiteurs à Ouidah. « Kancícà », bien plus qu’une simple projection, se veut une passerelle jetée par-dessus l’océan, reliant les côtes du Bénin aux terres du Brésil. À travers une scénographie où le numérique dialogue avec la tradition, l’œuvre redonne vie aux mémoires fragmentées de la traite transatlantique. L’ombre lumineuse de Na Agontimé Au cœur de cette narration se trouve la figure de Na Agontimé, reine du Danxomè vendue comme esclave et devenue, selon la tradition, la fondatrice du culte des Vodun au Brésil sous le nom de Maria Jesina. « Kancícà » explore cette trajectoire extraordinaire, transformant une tragédie historique en un récit de résilience culturelle. En s’appuyant sur cette figure historique, l’œuvre souligne comment les cultes et les identités ont survécu au déracinement, créant des « filiations » indélébiles entre les deux rives. Le projet utilise la technologie pour combler les vides laissés par les archives officielles et les silences de l’histoire. Un dialogue entre cinéma et nouvelles technologies L’installation ne se contente pas de raconter ; elle immerge. Le dispositif utilise le cinéma et les outils technologiques pour créer un espace de réflexion où le spectateur n’est plus simple observateur, mais témoin. « Cinéma, technologies et histoire dialoguent » pour offrir une perception sensible des héritages afro-descendants. Cette approche permet de rendre tangibles des concepts abstraits comme la mémoire et l’absence. Le spectateur est invité à déambuler dans un univers où les sons, les images et les symboles s’entremêlent pour « repenser les héritages, les silences et les filiations » qui constituent l’identité béninoise et sa diaspora. Un ancrage symbolique à Ouidah Le choix de la Maison de la culture de Ouidah pour abriter cette expérience n’est pas anodin. Ancienne cité portuaire au cœur de la traite, Ouidah devient ici le point de réconciliation entre le passé douloureux et une création artistique contemporaine tournée vers l’avenir. « Kancícà » s’affirme ainsi comme une étape majeure dans la valorisation du patrimoine immatériel et le renforcement des liens culturels entre le Bénin et l’Amérique latine, prouvant que l’art reste l’un des outils les plus puissants pour soigner et révéler la mémoire collective. Navigation de l’article Législatives et Communales : « Les Démocrates » contestent déjà la régularité du processus Maroc-Sénégal : Le choc des Lions pour le trône d’Afrique