Quarante-huit heures après le vote du 11 janvier, le principal parti d’opposition sort de son silence. En conférence de presse ce mardi à Cotonou, la formation dirigée par Boni Yayi a dressé un réquisitoire sévère contre l’organisation du double scrutin, exigeant de la CÉNA la transmission immédiate de l’ensemble des procès-verbaux. Le calme post-électoral vient de laisser place à l’offensive politique. Alors que les grandes tendances des élections législatives et communales sont attendues avec impatience, le parti « Les Démocrates » (LD) a officiellement ouvert le bal des réclamations. Devant les médias, la Direction nationale de campagne a exposé une liste exhaustive de griefs portant sur la gestion matérielle et procédurale du scrutin. Des dysfonctionnements logistiques décriés Le parti regrette que ce double scrutin se soit déroulé « avec beaucoup d’irrégularités et une cacophonie ». Pour les responsables de cette formation de l’opposition, le déploiement du matériel électoral a été le premier maillon faible de la journée du dimanche. La déclaration fait état d’entraves majeures à Cotonou, Abomey-Calavi ou Porto-Novo, citant notamment « des ouvertures très tardives des bureaux de vote allant jusqu’à huit heures de retard ». Plus grave selon le parti, cette attente aurait été doublée d’une « absence de matériel sensible dans des postes de vote dépassant les six à sept heures de retard dans certains postes de vote entraînant des opérations de dépouillement très tard dans la nuit ». Des urnes non scellées et des défauts d’encre indélébile complètent ce tableau de griefs. Une bataille autour des procès-verbaux Au-delà des retards, c’est la transparence des opérations de centralisation des votes qui cristallise aujourd’hui les tensions. Le parti dénonce une « violation des articles 63 du Code Électoral qui reconnaît le droit pour les partis d’être représentés sur les postes de votes et lors des dépouillements de résultats, et de l’article 92 du Code électoral ». Ces dispositions garantissent en principe la remise de copies des documents électoraux aux représentants des candidats. Or, les responsables du parti affirment que leurs délégués auraient été tenus à l’écart des procédures de compilation dans plusieurs localités comme Banikoara ou Sinendé, les privant ainsi des pièces nécessaires à toute contestation ultérieure. La CÉNA face à ses responsabilités En réponse à ces accusations, la formation politique hausse le ton et exige une mise en conformité immédiate avec la législation. « Par conséquent, le Parti les Démocrates appelle la Céna à respecter les dispositions de la loi : – en fournissant au Parti les Démocrates tous les Procès-verbaux de dépouillement d’une part et tous les Procès-verbaux de compilations d’autre part », martèle le communiqué. Pour rappel, le jour du vote, le président de la CÉNA, Sacca Lafia, avait admis certains retards logistiques en les justifiant par une priorisation des zones éloignées. Si le régulateur se félicitait alors d’un scrutin sans violence, la posture actuelle de l’opposition laisse présager une phase de contentieux électoral particulièrement scrutée par l’opinion publique béninoise. La Redaction Navigation de l’article RÉGULATION DES TÉLÉCOMS : L’ARCEP lance un ultimatum aux exploitants de « WIFI ZONE » Kancícà à Ouidah : quand l’art révèle la mémoire afro-atlantique