Devant la barre de la CRIET ce mardi 13 janvier 2026, l’honorable Soumaïla Sounon Boké a tenté de désamorcer l’accusation d’apologie de coup d’État en invoquant une erreur technique. Une ligne de défense qui n’a pas suffi à convaincre la Cour, laquelle a ordonné le maintien en détention de l’élu démocrate, malgré le bouclier de l’immunité parlementaire brandi par ses avocats.

Par la Rédaction

L’ambiance était électrique dans la salle d’audience de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Le député Soumaïla Sounon Boké, figure de l’opposition, jouait sa liberté après trois semaines de cellule. Poursuivi pour avoir prétendument célébré la tentative de putsch du 7 décembre dernier, l’élu s’est retrouvé piégé par un message laconique posté sur le réseau social WhatsApp.

L’argument du « message hors contexte »

Face aux juges, le parlementaire a rejeté toute velléité séditieuse. Selon ses dires, le message incriminé ne serait que le fruit d’une maladresse numérique : « C’est un accident de manipulation. Ce message n’était pas destiné à ce groupe, ni lié aux événements en cours. C’est une erreur de manipulation de mon téléphone via WhatsApp ». Pour la défense, l’interprétation faite par l’accusation d’un « c’est la fête » posté au mauvais moment relève d’un procès d’intention plutôt que d’une preuve matérielle de complicité.

Le bras de fer juridique sur l’immunité

Au-delà du fond, c’est une bataille de procédure qui s’est engagée. La défense a vigoureusement dénoncé une « violation flagrante » de l’immunité parlementaire. Les avocats ont rappelé que, selon la Constitution, un député ne peut être arrêté ou détenu sans l’autorisation de l’Assemblée nationale, sauf en cas de flagrant délit. Ils estiment que la procédure actuelle bafoue les prérogatives de l’institution législative et fragilise l’État de droit.

Un renvoi dans l’incertitude

Le verdict de cette première manche est tombé comme un couperet : la Cour a ordonné le retour de Soumaïla Sounon Boké en détention provisoire à la prison de Missérété. Le dossier est renvoyé au 24 février 2026. D’ici là, le député restera loin de l’hémicycle, laissant ses partisans et ses conseils dénoncer une justice qu’ils jugent à deux vitesses.

La Rédaction