Un mois jour pour jour après la tentative de putsch du 7 décembre 2025, le Bénin affiche un visage de sérénité retrouvée. Si le quotidien des Béninois a repris son rythme habituel, marqué par les festivités et l’effervescence électorale, les coulisses du pouvoir et les tribunaux restent en état d’alerte maximale pour faire toute la lumière sur ce projet de déstabilisation. Une résilience citoyenne face à la crise Le calme est revenu dans les rues de Cotonou et des grandes agglomérations. Loin de la psychose des premiers jours, la population a célébré les fêtes de fin d’année dans une ambiance de ferveur, symbolisée par le succès du festival « We Love Eya » qui a rassemblé des milliers de spectateurs à deux pas du Palais de la Marina. Le pays se tourne désormais vers ses prochains défis : les « Vodun Days » et le double scrutin législatif et municipal du 11 janvier prochain. Malgré cette apparente normalité, des signes de vigilance demeurent visibles. Des patrouilles militaires sillonnent encore la capitale économique et les forces de la Cédéao maintiennent une présence discrète. Patrice Talon, qui a qualifié les mutins de « marginaux » sans soutien populaire, a d’ailleurs récompensé la loyauté de la haute hiérarchie militaire par des promotions significatives, tout en maintenant un filtrage rigoureux des accès à la présidence. L’étau judiciaire se resserre Sur le front de l’enquête, la machine judiciaire tourne à plein régime. Selon des sources concordantes, une cinquantaine de suspects ont déjà été placés sous mandat de dépôt. L’instruction s’attache à débusquer les ramifications de ce complot qui visait à renverser l’ordre constitutionnel. Plus d’une dizaine de mandats d’arrêt internationaux ont été lancés, illustrant l’ampleur des complicités suspectées. Le point d’ombre majeur reste toutefois la fuite du cerveau présumé de l’opération. Le colonel Pascal Tigri demeure introuvable un mois après les faits. Les autorités gardent le silence sur sa possible localisation, mais la traque se poursuit activement pour ramener le fugitif et ses derniers complices devant la justice béninoise. Le défi de la consolidation démocratique Pour le gouvernement, l’enjeu est désormais de prouver que cet épisode n’était qu’un incident isolé. En maintenant le calendrier des réformes et des élections, l’exécutif mise sur la continuité institutionnelle pour rassurer les partenaires internationaux et les investisseurs. Alors que la campagne électorale bat son plein, l’opinion publique reste attentive aux développements de l’enquête. La clarté des conclusions judiciaires sera déterminante pour apaiser définitivement les esprits et renforcer la confiance envers les institutions sécuritaires du pays. Navigation de l’article Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara dissout le gouvernement après son plébiscite électoral La jeunesse de Parakou et Nikki en ébullition : MOELE-BÉNIN, le choix du futur