À quelques mois de la fin de son second mandat, le Chef de l’État a délivré, ce mardi 23 décembre 2025, son ultime message sur l’état de la Nation. Entre émotion contenue, bilan moral et perspectives électorales, Patrice Talon a dressé le portrait d’un Bénin transfiguré par une décennie de réformes, tout en réaffirmant son attachement à l’ordre constitutionnel au lendemain d’une tentative de déstabilisation avortée. L’exercice était attendu, mais le ton a surpris par sa solennité teintée de nostalgie. Sous les voûtes du Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, Patrice Talon n’est pas venu égrener une liste kilométrique de réalisations infrastructurelles. Pour cette dixième et dernière intervention devant la représentation nationale, le Chef de l’État a choisi la hauteur de vue, plaçant son action sous le signe d’une mutation profonde de « l’état d’esprit » béninois. Un héritage politique assumé Dès l’entame, le Président a justifié la concision de son propos : « les au revoir doivent être courts et brefs pour que l’émotion ne monte pas trop ». S’il reconnaît que le chemin parcouru depuis dix ans a été jalonné de sacrifices, il martèle que le pays a enfin trouvé sa boussole. Pour lui, la démocratie béninoise a cessé d’être un simple concept théorique pour devenir un levier de croissance. « Au Bénin désormais, il ne suffit plus d’être harangueur de foules et vendeur d’illusions proclamé acteur politique, pour s’emparer de notre destin commun, sans autre projet que celui d’en jouir tout seul avec ses partisans », a-t-il lancé avec fermeté. Cette vision d’une gouvernance basée sur la compétence et l’abnégation reste, selon lui, le rempart le plus solide contre les errances du passé. Le choc du 7 décembre Le moment fort de ce discours fut sans conteste l’évocation de l’attaque perpétrée contre la Nation le 7 décembre dernier. Le Chef de l’État a rendu un hommage vibrant aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS) pour leur loyauté sans faille. Il a dénoncé avec virulence les commanditaires de cette tentative de déstabilisation, qualifiés de « marginaux insensés, manipulés par quelques compatriotes en quête de privilèges perdus ». Pour Patrice Talon, la résilience des institutions face à cette épreuve est la preuve de la maturité de l’État : « Les grandes nations, ce ne sont pas seulement celles qui ne sont jamais éprouvées. Ce sont également celles qui sont capables d’y faire face avec efficacité ». Cap sur les élections générales de 2026 Alors que le pays se prépare à un renouvellement intégral de son personnel politique (communales, législatives et présidentielle), le locataire de la Marina s’est voulu rassurant. Il a balayé les craintes d’instabilité, prédisant des scrutins « paisibles et sereins ». En guise de conclusion, le Président a invité ses concitoyens à la confiance et à l’unité, utilisant la métaphore historique de la jarre trouée du Roi Guézo. « Le Bénin a véritablement et définitivement trouvé son chemin pour se développer enfin et offrir, peu à peu, à chacun, le bien-être légitimement attendu », a-t-il affirmé, avant de quitter le pupitre, laissant derrière lui l’image d’un dirigeant convaincu d’avoir accompli sa part du contrat social. La Rédaction Navigation de l’article Intégralité du message de Monsieur Patrice TALON, Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement, sur l’état de la Nation Solidarité nationale : L’État au chevet des familles des soldats tombés au front