C’est une étape qui suscite autant d’enthousiasme que d’appréhension. Dans nos sociétés où la famille demeure le socle des unions, la rencontre avec les parents de sa conjointe fait débat. Si pour les puristes elle est le sceau indispensable de la relation, une nouvelle génération de conjoints s’interroge sur le caractère obligatoire de ce rite social. Par la Rédaction Au Bénin comme dans de nombreux pays de la sous-région, le couple n’est pas qu’une affaire de deux individus, c’est l’alliance de deux lignées. Cependant, l’évolution des mœurs et l’influence de la culture occidentale redéfinissent les contours de cette présentation officielle. Entre respect des aînés et préservation de l’intimité, nous avons posé la question aux citoyens. Un impératif pour la crédibilité et la protection Pour une grande majorité des personnes interrogées, esquiver les parents est perçu comme un manque de sérieux, voire un manque de respect. « On n’épouse pas une femme dans la rue », martèle M. Akanni, un sexagénaire rencontré à Cotonou. Selon lui, se présenter officiellement permet d’obtenir la bénédiction des ancêtres et de sécuriser la femme au sein de la famille. « Un homme qui refuse de voir les parents de sa compagne cache forcément quelque chose ou n’envisage pas l’avenir », ajoute-t-il. La montée d’une vision plus « libérale » À l’opposé, chez les plus jeunes, la rencontre est perçue comme une pression supplémentaire. Certains préfèrent stabiliser leur situation financière ou tester la solidité de leur amour avant de franchir le seuil familial. « On peut s’aimer et construire sa vie sans pour autant être tout de suite dans le giron de la belle-famille », confie Marc, 28 ans. Pour cette frange de la population, la rencontre doit être un choix mûri et non une « obligation » dictée par la pression sociale, afin d’éviter les ingérences précoces. L’avis de l’expert : « Un rite de passage sécurisant » Pour les sociologues, cette rencontre demeure un « rite de passage » crucial. Elle sert à légitimer l’union aux yeux de la communauté. Même si les formes de présentation évoluent (rencontres informelles au restaurant plutôt qu’au domicile familial), l’acte reste le symbole d’un engagement authentique. Ne pas rencontrer les parents, c’est prendre le risque d’une exclusion sociale ou de difficultés majeures en cas de problèmes dans le couple, où la médiation familiale devient alors impossible. En somme, si la loi n’impose rien avant le mariage civil, la tradition et la psychologie du couple suggèrent que ce face-à-face est la clé d’une intégration harmonieuse et d’une reconnaissance mutuelle. Navigation de l’article Ordre national du Bénin : Plusieurs personnalités honorées par décret présidentiel ÉLECTIONS LÉGISLATIVES ET COMMUNALES 2026 : La Cour constitutionnelle s’active pour la proclamation des résultats définitifs