Le conflit au Soudan, qui oppose l’armée aux paramilitaires des Forces de Soutien Rapide (FSR), a franchi un nouveau seuil de violence avec une attaque ayant coûté la vie à au moins 40 civils lors de funérailles dans la ville stratégique d’El-Obeid. Alors que les combats se concentrent désormais sur la région du Kordofan-Nord, l’ONU s’alarme de la multiplication des atrocités et de l’ampleur de la crise humanitaire, notamment au Darfour, où la population vit dans la terreur. La guerre, qui a éclaté en avril 2023, s’est déplacée vers le Kordofan, une région dont la position géographique entre le Darfour et la capitale Khartoum la rend stratégique. C’est dans ce contexte que l’attaque meurtrière a eu lieu mardi à El-Obeid, capitale régionale assiégée par les FSR. Le Bureau des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) a confirmé les faits : « Des sources locales rapportent qu’au moins 40 civils ont été tués et des dizaines blessés hier dans une attaque sur un rassemblement lors de funérailles ». Parallèlement, la violence ne faiblit pas au Darfour-Nord. L’Ocha signale des « multiples frappes aériennes et de drones » survenues dimanche. Depuis la chute d’El-Facher, dernier bastion de l’armée dans la région, le 26 octobre, l’ONU rapporte des massacres, des viols et des pillages massifs, entraînant le déplacement de plus de 71 000 civils, dont 12 000 ont trouvé refuge dans la ville de Tawila. Témoignages d’horreur et impact sur la santé Les témoignages des déplacés décrivent une situation de terreur. Amira, réfugiée à Tawila, raconte que les images du massacre « nous hantent ». Elle a également dénoncé l’horreur des violences sexuelles : « C’étaient des viols collectifs. Des viols collectifs en public, devant tout le monde, et personne ne pouvait les arrêter ». L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) s’est indignée des « attaques continues visant le système de santé », le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus confirmant que quatre personnes, dont des enfants, avaient été tuées à l’hôpital pédiatrique de Kernoi. L’Unicef, de son côté, tire la sonnette d’alarme sur la situation des enfants, précisant que 14,6% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition sévère. Le refus de cesser le feu par les autorités pro-armée Face à cette escalade, les appels à la cessation des hostilités restent sans effet. Mardi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exhorté les belligérants à « venir à la table des négociations » et « mettre fin à ce cauchemar de violence ». Cependant, les autorités pro-armée ont réaffirmé leur volonté de poursuivre la guerre, même après l’étude d’une proposition américaine de cessez-le-feu. « Les préparatifs pour la bataille du peuple soudanais se poursuivent », a déclaré le ministre de la Défense, Hassan Kabroun. Le Conseil de souveraineté, présidé par le général Abdel Fattah al-Burhane, a toutefois présenté un plan pour « la facilitation de l’accès à l’aide humanitaire » et « la restauration de la sécurité et de la paix dans toutes les régions du Soudan ». En parallèle, les efforts diplomatiques se poursuivent. L’émissaire américain pour l’Afrique, Massad Boulos, tente de finaliser une proposition de trêve humanitaire élaborée mi-septembre par le groupe de médiation dit du Quad (Égypte, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis). La Rédaction Navigation de l’article Cameroun : L’opération « villes mortes » de l’opposition paralyse Douala, poumon économique du pays Équilibrer la croissance économique : Le Bénin crée des Pôles Industriels Régionaux et une Société Forestière