Propulsée au sommet de l’État par la Cour suprême après l’opération militaire américaine ayant conduit à l’enlèvement de Nicolás Maduro, la vice-présidente Delcy Rodríguez prend les rênes d’un pays en plein chaos. Entre fidélité absolue au « madurisme » et pragmatisme économique, cette avocate de 55 ans doit désormais manoeuvrer dans l’oeil du cyclone diplomatique. L’ascension de Delcy Rodríguez à la présidence par intérim, actée ce samedi 3 janvier, marque un tournant historique pour le Venezuela. Désignée pour pallier l’absence « temporaire » du chef de l’État, celle que Nicolás Maduro surnommait affectueusement sa « tigresse » se retrouve projetée sur le devant de la scène internationale dans des circonstances exceptionnelles. Héritière d’un pedigree de gauche radicale — fille d’un militant marxiste mort en détention — elle n’est pas une novice. Ancienne ministre des Affaires étrangères et présidente de l’Assemblée constituante, elle incarne la ligne dure du régime tout en étant une technocrate redoutable. C’est elle qui, à la tête des ministères des Finances et du Pétrole, a piloté les réformes de marché ayant stabilisé une économie vénézuélienne autrefois en plein effondrement. Ce profil hybride lui permet aujourd’hui de « tisser des liens avec les élites économiques » tout en revendiquant son identité révolutionnaire. Pourtant, la posture de la nouvelle présidente par intérim reste résolument offensive face à Washington. Alors que Donald Trump a suggéré une possible volonté de coopération de sa part, Delcy Rodríguez a immédiatement verrouillé son discours lors du Conseil de défense de la Nation. « Nous sommes prêts à défendre le Venezuela. Nous sommes prêts à défendre nos ressources naturelles qui doivent servir au développement national », a-t-elle martelé, exigeant la libération immédiate du couple présidentiel. Le défi qui l’attend est immense. Selon plusieurs analystes, elle devra naviguer « sur une corde raide » pour maintenir la cohésion des forces armées — qui lui ont déjà renouvelé leur soutien ce dimanche — tout en gérant la pression de l’administration américaine. Si Marco Rubio, chef de la diplomatie américaine, semble laisser une porte entrouverte en la jugeant plus fiable que son prédécesseur, l’avenir du pays reste flou. Faute d’une déclaration d’absence « définitive » de Nicolás Maduro, la convocation de nouvelles élections sous 30 jours n’est pas encore à l’ordre du jour, laissant le Venezuela dans une zone d’incertitude constitutionnelle totale. Navigation de l’article Bénin-Égypte : Les Guépards invoquent le « syndrome du Maroc » pour terrasser les Pharaons Tchaourou : Adhésion massive pour les candidats de MOELE-BÉNIN à Sébou, Téo-Kpara et Bio-Amadou