Alors que la communauté internationale se mobilise pour la protection des plus jeunes contre toutes formes de souffrances, l’arsenal juridique moderne interroge parfois les méthodes éducatives traditionnelles. À Cotonou, les citoyens partagent leur vision d’une autorité parentale renouvelée, conciliant discipline et respect des textes en vigueur. Le débat est plus que jamais d’actualité dans les foyers béninois. Le 4 juin est la Journée internationale des enfants victimes innocentes de l’agression. Instaurée par l’ONU, cette journée vise à sensibiliser le public aux souffrances physiques, mentales et émotionnelles endurées par les enfants à travers le monde et à réaffirmer l’engagement de la communauté internationale à protéger leurs droits. Cette commémoration annuelle ouvre une opportunité majeure pour évaluer l’impact des politiques de protection sur la cellule familiale. Loin d’affaiblir le rôle des géniteurs, l’évolution du cadre légal au Bénin invite à une synergie harmonieuse entre la protection de l’enfant et l’indispensable encadrement paternel et maternel. Une synergie nécessaire pour l’avenir de la jeunesse Dans les rues de la capitale économique, la réflexion collective s’anime autour de cet équilibre. Une journée qui suscite une réflexion puisque l’on se demande si le devoir parental et les prérogatives qui sont attribués aux parents ont toujours du poids, vue les différentes lois qui protègent les enfants dans le monde entier et principalement au Bénin. Pour les spécialistes de l’éducation et les acteurs sociaux, les nouvelles lois ne cherchent pas à destituer les parents de leurs prérogatives, mais plutôt à leur offrir un cadre sain pour bâtir une autorité basée sur le dialogue et la bienveillance. Le Code de l’enfant en vigueur au Bénin se veut un outil d’accompagnement pour prémunir la future génération contre les dérives, tout en maintenant le respect dû aux aînés. La parole aux citoyens de Cotonou La réconciliation entre modernité juridique et valeurs éducatives locales est au cœur des préoccupations quotidiennes. Pour répondre à cette préoccupation des citoyens rencontrer dans la ville de Cotonou ont donné leur avis. Ils sont au micro de Partners News: Médéric A., enseignant et père de famille rencontré au quartier Haie Vive :« Aujourd’hui, on a l’impression que la loi a dépossédé les parents de leur autorité. Dès que vous voulez corriger un enfant un peu fermement pour le ramener sur le droit chemin, on vous parle de violation de ses droits. Il faut protéger les enfants, c’est indiscutable, surtout face aux violences réelles. Mais il ne faut pas que les lois affaiblissent l’éducation parentale, sinon nous préparons une génération sans repères. » Clarisse M., juriste et militante des droits de l’enfant, croisée aux abords du tribunal de Cotonou :« Il y a une mauvaise interprétation des textes par la population. Le Code de l’enfant au Bénin ne vient pas annuler la responsabilité des parents, au contraire, il la cadre. Responsabilité parentale et droits de l’enfant ne s’opposent pas : ils se complètent. Protéger l’enfant contre les agressions, le travail forcé ou les abus psychologiques, c’est justement donner aux parents les moyens de l’élever dans un environnement sain. L’autorité n’a pas besoin de la violence pour s’exprimer. » Saliou B., commerçant au marché Dantokpa : « Nos traditions africaines donnaient une grande place à la correction et à la discipline communautaire. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux et les nouvelles lois, l’enfant sait qu’il a des droits et il brandit cela face à ses parents. C’est une bonne chose pour le protéger des dérives, mais cela fait peur aux parents qui préfèrent parfois démissionner de leur rôle d’éducateur par peur des problèmes. » Entre nécessité de protection contre les agressions et préservation du rôle éducatif de la famille, le débat reste entier au sein de l’opinion publique béninoise. À Cotonou, si l’arsenal juridique — notamment le Code de l’enfant — est salué pour son efficacité contre les violences majeures, de nombreux citoyens appellent à une meilleure sensibilisation. L’enjeu est de faire comprendre que le droit de l’enfant n’est pas un outil de rébellion contre l’autorité parentale, mais un bouclier pour lui garantir un développement harmonieux et sécurisé. Cette dynamique constructive démontre que la protection des droits de l’homme, dès le plus jeune âge, reste le plus sûr chemin vers une société stable, où les parents demeurent les premiers guides et protecteurs de leurs enfants. Navigation de l’article Édouard Loko honoré à Abidjan : Le président de la HAAC élevé au rang de Commandeur de l’Ordre du Mérite de la Communication Cotonou salue les nouvelles mesures du Conseil des ministres : Entre soulagement et attentes du concret