À moins de deux mois du scrutin présidentiel, une mission d’évaluation du National Democratic Institute (NDI) a rendu son rapport préliminaire ce vendredi 20 février à Cotonou. Si l’organisation salue les avancées techniques, elle alerte sur la polarisation politique et le rétrécissement de l’espace civique au Bénin. Le diagnostic international sur la santé de la démocratie béninoise vient de tomber. Après un séjour d’immersion du 16 au 20 février 2026, la mission du NDI, conduite par des figures de proue telles que le Dr Christopher Fomunyoh et l’ancienne présidente Catherine Samba-Panza, a livré ses conclusions sur les préparatifs du scrutin du 12 avril prochain. Un rapport qui oscille entre satisfaction logistique et vives inquiétudes politiques. Une organisation rodée sur fond de désengagement Sur le plan purement technique, le constat est rassurant : les préparatifs « avancent comme prévu ». Les rencontres avec la CENA, la Cour constitutionnelle et la HAAC confirment un dispositif organisationnel opérationnel. Toutefois, ce tableau est assombri par une réalité statistique préoccupante : l’érosion continue de la participation électorale. Passant de 66 % en 2015 à seulement 36,7 % lors des législatives de janvier 2026, ce recul traduit, selon les experts, un désengagement citoyen lié à la réduction de l’offre politique. Cette situation est exacerbée par un cadre juridique strict, marqué par un seuil électoral élevé et des conditions de parrainage qui, selon la mission, limitent durablement la compétition. Un duel restreint et un espace civique sous pression Le rapport souligne que la compétition se jouera entre deux tickets : le duo Romuald Wadagni – Mariam Chabi Talata pour la mouvance, et Paul Hounkpè – Judicael Hounwanou pour les FCBE. L’absence du parti Les Démocrates, dont la candidature a été disqualifiée après le retrait d’un parrain, illustre la fragilité d’un système où la coalition au pouvoir domine désormais l’ensemble des institutions électives. Outre cette polarisation, le NDI pointe du doigt l’insécurité croissante dans le Nord et un « rétrécissement de l’espace civique et politique ». Si les performances économiques (7,5 % de croissance en 2024) sont saluées, elles ne semblent pas suffire à masquer le besoin d’un nouveau consensus démocratique. Les remèdes du NDI pour crédibiliser le scrutin Pour garantir la paix et la transparence, l’Institut formule des recommandations immédiates. À court terme, il préconise l’ouverture de l’espace civique, une diffusion accrue d’informations fiables et surtout une transparence totale dans la publication des résultats, « bureau de vote par bureau de vote ». À plus long terme, le plaidoyer porte sur une harmonisation du cadre constitutionnel et des réformes électorales inclusives. Comme l’a rappelé le Dr Fomunyoh, cette mission reflète la « solidarité de la communauté internationale avec le Bénin dans sa quête permanente d’une démocratie solide ». Le défi est désormais lancé aux acteurs politiques béninois pour transformer ces recommandations en actes, afin que le rendez-vous du 12 avril renoue avec l’esprit pionnier de la Conférence Nationale de 1990. Navigation de l’article Protection des cultures : La poudre de neem, l’alternative biologique qui bouscule les pesticides chimiques Lutte contre la pollution plastique : José Tonato et la coalition « Francophonie Zéro Plastique » scellent une alliance stratégique