En raison de violations flagrantes des procédures de passation de marchés lors de la réhabilitation d’un centre de santé, l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) a prononcé la suspension de la Personne Responsable des Marchés Publics (PRMP) et du Chef de la Cellule de Contrôle de Dogbo. Cette décision marque un tournant dans la surveillance de la gestion des ressources communales dans le département du Couffo.

Le couperet est tombé. À travers la décision n° 2025-159 du 17 décembre 2025, le gendarme des marchés publics au Bénin a mis fin, jusqu’à nouvel ordre, aux fonctions de Monsieur BALLO Dominique et de Monsieur GBEGAN O. Wilfrid, respectivement PRMP et CCMP de la mairie de Dogbo. Saisie pour examiner la conformité de l’Appel d’Offres Ouvert n°63/011/MD/PRMP/SP-PRMP du 29 septembre 2025, l’instance de régulation a mis en lumière une série de légèretés administratives incompatibles avec les exigences de la commande publique.

Un centre de santé au cœur du litige
Le dossier à l’origine de cette sanction concerne les travaux de réhabilitation du Centre de Santé d’Ayomi. Lors de l’examen des faits, l’ARMP a relevé que la procédure était entachée d’irrégularités dès l’étape de l’ouverture des plis. La PRMP se voit reprocher d’avoir accepté et ouvert des enveloppes ne comportant pas les mentions obligatoires requises par le dossier d’appel à la concurrence, notamment l’indication « lot unique ». Ce non-respect des clauses de confidentialité et de marquage aurait dû, en temps normal, conduire au rejet pur et simple des offres concernées.

Faillite du contrôle interne
Si la PRMP est en première ligne, le Chef de la Cellule de Contrôle des Marchés Publics (CCMP) n’a pas été épargné. L’autorité de régulation a pointé du doigt son incapacité à identifier les incohérences majeures du dossier d’appel à la concurrence avant sa publication. En validant un processus présentant de telles imprécisions, l’intéressé a failli à sa mission de « garde-fou », compromettant ainsi l’équité entre les soumissionnaires.

Conséquence directe de ces défaillances : la procédure de passation du marché est annulée. Le Secrétaire Exécutif de la commune a désormais l’obligation de mettre en œuvre ces suspensions, envoyant un signal fort aux autres administrations locales : la rigueur procédurale n’est plus une option, mais un impératif de gouvernance.